Vendredi 15 Décembre 2017

Au Gabon, début du « dialogue politique inclusif » sans Jean Ping

Au Gabon, début du « dialogue politique inclusif » sans Jean Ping
(La Croix 18/04/17)

Souhaitée par Ali Bongo après sa réélection contestée en septembre, la seconde phase du « dialogue politique » inter-gabonais initialement prévue le 11 avril, débute mardi 18 avril, sans le principal opposant Jean Ping qui a appelé à son boycott. À travers ce dialogue, Ali Bongo espère mettre fin à la crise post-électorale qui dure depuis des mois et relancer l’économie gabonaise.

Annoncé depuis septembre 2016 pendant la réélection contestée d’Ali Bongo, le « dialogue politique inclusif et sans tabou », souhaité par le chef de l’État gabonais Ali Bongo, débute mardi 18 avril. Il est censé sortir le pays de la crise politique en cours et relancer une économie en difficulté avec la chute des cours du pétrole sur le marché mondial.

Lors de l’élection présidentielle d’août dernier, l’opposition réunie au sein de la Coalition pour une nouvelle république (CNR) portée par Jean Ping, – un transfuge du pouvoir et le principal adversaire d’Ali Bongo –, avait contesté les résultats de la commission électorale. Ces résultats, validés par la Cour constitutionnelle, avaient donné vainqueur le président sortant avec plus de 50 % des voix contre 47 % pour Jean Ping. S’en sont suivies des émeutes post-électorales qui ont fait officiellement trois morts – une cinquantaine selon l’opposition – et entraîné des centaines d’arrestations.

La Coalition pour une nouvelle république de Jean Ping qualifie ce dialogue de mascarade et refuse d’y prendre part. « C’est une suite logique de la crise post-électorale. S’il [Jean Ping] ne reconnaît pas Ali Bongo comme président, il ne peut assister à un dialogue convoqué par ce dernier », analyse Frédéric Mba Missang, chercheur associé sur le Gabon au laboratoire « Les Afriques dans le Monde » (LAM) Sciences-Po Bordeaux. Pour la CNR, le pouvoir « veut uniquement crédibiliser [sa] mascarade ».

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