Affaire Orabank : Le climat des affaires lézardé ? | Africatime
Dimanche 26 Mars 2017

Affaire Orabank : Le climat des affaires lézardé ?

Affaire Orabank : Le climat des affaires lézardé ?
(Gabon Review 15/03/17)

Arrêté dans la matinée du 14 mars, le directeur général d’Orabank a été relâché quelques heures plus tard, après avoir été entendu dans le cadre d’un litige opposant son établissement à la société Sogad BTP. Une affaire aux contours «louches», pouvant avoir des retombées négatives sur le climat des affaires dans le pays.

Le groupe Orabank broie du noir avec la fermeture, durant toute la matinée du 14 mars, de ces différentes agences. A l’origine de cette décision, une affaire de justice opposant l’établissement bancaire à la société Sogad BTP Gabon. Dans les faits, cette société avait obtenu un marché de gré-à-gré, auprès de l’Etat, pour la construction de l’école de commerce de Port-Gentil et de l’école de Tourisme et d’hôtellerie au Cap Estérias.

Visiblement à court de moyens pour financer ces marchés, l’Etat avait demandé à l’entreprise adjudicataire de préfinancer les deux chantiers. Sogad BTP Gabon s’est ainsi tournée vers Orabank, pour solliciter un prêt de 22 milliards de francs CFA. Si la banque a donné un avis favorable à sa demande, celui-ci n’était que provisoire en attentant la décision du comité du crédit du groupe bancaire, seul habilité à engager la banque.

Malheureusement pour Sogad BTP, le comité de crédit d’Orabank n’a pas validé sa demande de crédit. Désarçonné par cette décision, le patron de la société va saisir la justice pour se plaindre. Cette plainte porterait, selon certaines sources, sur les frais engloutis dans ce dossier et ce que l’entreprise perçoit comme un engagement ferme. Actuellement, l’affaire, portée devant les tribunaux, en est à la Cour de cassation. Celle-ci a rendu un jugement de procédure, en attendant le règlement de l’affaire dans le fond. «L’avis définitif n’a pas encore été rendu par la Cour de cassation», a révélé une source proche du dossier.

Pourtant, un spectacle désolant a été observé au siège d’Orabank à Libreville, le 14 mars, avec l’interpellation manu militari du directeur général de la banque, pour être auditionné à la Police judiciaire (PJ). Il a été libéré en fin de matinée. Un «excès de zèle», entamé quelques jours plus tôt, le 3 mars dernier, avec la descente des éléments de la police pour une perquisition dans l’établissement bancaire.

Comment comprendre la perquisition et l’interpellation, alors que la Cour de cassation ne s’est pas encore définitivement prononcée sur cette affaire ? Beaucoup y voit la main noire des intérêts cachés. L’huissier en charge du dossier, avance une source, serait «motivé par son pourcentage sur l’amende qui pourrait être infligée à Orabank». Il «est obnubilé par le montant de la somme réclamée à l’établissement bancaire, 7 milliards de francs CFA environ pour le préjudice prétendument causé à la société». Vu sous cet angle, tout s’explique !

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