Vendredi 20 Octobre 2017

Pression maintenue sur les relations avec l'Erythrée

Pression maintenue sur les relations avec l'Erythrée
(La Tribune de Genève 19/12/16)
Le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter.

Les mesures annoncées par le Conseil fédéral concernant l'Erythrée ne suffisent pas, selon le Conseil des Etats. Par 21 voix contre 19, la chambre haute de l'Assemblée fédérale a décidé jeudi d'enfoncer le clou en transmettant une motion du National au gouvernement. Le texte issu du groupe libéral-radical demandait au gouvernement d'entamer des négociations avec l'Erythrée pour conditionner le lancement de nouveaux projets d'aide au développement au respect des droits de l'homme dans le pays et à un accord de réadmission avec la Suisse.

Le Conseil fédéral vient d'annoncer sa volonté d'intensifier le dialogue bilatéral avec Asmara et d'étudier la possibilité de redémarrer des programmes de développement même si le gouvernement érythréen ne montre aucun signe de coopération.

Berne, qui s'engage déjà avec des projets ciblés, veut libérer jusqu'à 2 millions de francs par an dans des actions pilotes visant surtout à créer des emplois et à former les jeunes. La motion est inutile car déjà réalisée, a résumé Didier Berberat (PS/NE) au nom de la commission. Son adoption ne résoudra pas le problème.

Maintenir la pression

Le PLR, l'UDC et une partie du PDC n'étaient pas de cet avis. Selon eux, la Suisse doit mettre plus l'accent sur l'Érythrée car c'est un pays clé en matière de politique migratoire. Il existe des signaux d'ouverture du régime, a fait valoir Damian Müller (PLR/LU). «Il faut maintenir la pression pour que les choses évoluent et que le Conseil fédéral poursuive ses efforts.»

Le gouvernement est réellement convaincu que la solution au problème de droits humains passe un véritable dialogue avec les autorités érythréennes. Il fait tout ce qu'il peut et ne lâchera pas, mais il ne foulera pas aux pieds tous ses principes moraux, a averti le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter.

Zone démilitarisée en Libye

Le Conseil des Etats a en outre tacitement enterré une autre motion du National qui demandait au gouvernement de s'investir à l'ONU en faveur d'une zone démilitarisée qui accueillerait les réfugiés sur la côte libyenne. Il reconnaît que l'aide fournie doit, de préférence, être apportée sur place, mais juge la proposition inapplicable.

Il faudrait un accord de la Libye qui vit dans un chaos indescriptible, a expliqué Didier Berberat. Faute de quoi seul le Conseil de sécurité pourrait autoriser une telle mesure, or la Suisse n'en est pas membre. Et il n'est pas certain que des personnes en route pour l'Europe acceptent de rester de leur plein gré dans une telle zone démilitarisée.

La demande part d'une bonne intention, mais elle est dangereuse, a renchéri M. Burkhalter. ll faudrait d'abord envoyer des militaires dans la zone pour sécuriser la zone, une opération à haut risque. La Libye a déjà refusé l'idée d'une ville de réfugiés proposée par le premier ministre hongrois Viktor Orban, a-t-il rappelé. Un veto est probable au Conseil de sécurité.la tr

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