Dimanche 19 Novembre 2017

La relation Chine-Afrique entre croissance et dépendance

La relation Chine-Afrique entre croissance et dépendance
(Le Monde 13/11/17)

Notre chroniqueur pointe l’urgence pour le continent à diversifier son industrie s’il veut bénéficier d’une croissance chinoise de plus en plus portée par la consommation des ménages. Depuis quelques mois, les études se multiplient au sujet de la relation Chine-Afrique. Mais leurs conclusions divergent. Le cabinet américain McKinsey a ainsi réveillé l’intérêt de nombreux observateurs sur cette relation. Poétiquement intitulée « La danse des lions et des dragons », l’étude menée par trois économistes met en avant l’importance des investissements chinois sur le continent et leur potentiel.

Selon leur rapport, les entreprises chinoises généreraient déjà 12 % de la production industrielle africaine estimée à 500 milliards de dollars (430 milliards d’euros). Dans le secteur des infrastructures, la part de marché des entreprises chinoises atteindrait déjà 50 %. Plus de dix mille entreprises chinoises opèrent sur le continent et 90 % d’entre elles sont privées. De quoi briser certaines idées reçues. Leurs revenus générés en Afrique pourraient croître de 144 % et atteindre 440 milliards de dollars d’ici à 2025, selon les économistes de McKinsey qui classent les bons et les mauvais élèves : Afrique du Sud et Ethiopie en tête, Zambie et Angola en queue de peloton.
Le continent le plus dépendant de la Chine

Mais ce qui ressort surtout de cette étude pour le moins optimiste, ce sont les profondes inégalités de la relation Chine-Afrique. Le cabinet américain ne s’est penché que sur les cas de huit pays parmi les plus emblématiques, interrogeant un millier d’entreprises. Difficile donc de généraliser à partir de cette seule étude à l’ensemble du continent. C’est la raison pour laquelle la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface) a pour sa part jeté un pavé dans la mare.

Que disent cette fois ses économistes ? « Les investisseurs chinois restent d’abord motivés par la quête des matières premières, explique Ruben Nizard, économiste et coauteur du rapport. Depuis des années, on parle de diversification des économies africaines, mais la réalité, c’est que nous en sommes encore très loin. C’est intéressant de voir que seuls les pays relativement pauvres en matières premières comme l’Ethiopie ont une relation plus équilibrée avec la Chine. Pour les autres, nous dressons un constat de forte dépendance autour du pétrole, des matières premières brutes minérales et des métaux. Ils représentent 90 % du total des exportations africaines vers la Chine. »

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