Lundi 11 Décembre 2017

Que vous inspire les vagues de condamnation initiées par la justice égyptienne après la crise ?

Des verdicts pour museler l’opposition islamique et laïque de gauche
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Des condamnations pour marquer la volonté des autorités militaires de mettre fin à l’impunité
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Un tribunal égyptien a condamné lundi à cinq ans de prison une figure de la révolte anti-Moubarak de 2011, Alaa Abdel Fattah, pour des violences qui avaient eu lieu lors d'une manifestation non-autorisée.

Les 24 co-accusés du jeune militant de gauche ont été condamnés à des peines allant de trois à quinze ans de prison, un verdict qui intervient alors que les autorités sont accusées de réprimer implacablement toute opposition, islamiste mais aussi laïque et de gauche.

Le parquet accusait le groupe d'avoir attaqué des policiers durant la manifestation qui avait eu lieu en novembre dernier.

M. Abdel Fattah était notamment accusé d'avoir volé le talkie-walkie d'un policier. Il avait été condamné en juin à 15 ans de prison, mais le droit égyptien lui accordait un nouveau procès car le verdict avait été prononcé par contumace.

Les 22 détenus, présents dans le box des accusés, ont applaudi l'annonce du verdict, tandis que leurs proches s'effondraient en larmes ou scandaient "à bas le pouvoir militaire", selon un journaliste de l'AFP.

Trois personnes ont été condamnées par contumace à 15 ans de prison, tandis que les autres ont été condamnés à trois ans de prison. Tous doivent payer une amende de 100.000 livres égyptiennes (environ 11.570 euros).

Depuis qu'il a destitué l'islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013, l'ex-chef de l'armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi est accusé d'avoir instauré un régime bien plus autoritaire que celui de Hosni Moubarak, renversé par une révolte populaire en 2011.

Dans les mois qui ont suivi l'éviction de M. Morsi, plus de 1.400 personnes ont été tuées dans la répression des forces de l'ordre tandis qu'au moins 15.000 pro-Morsi ont été emprisonnés.

Des dizaines de militants laïques et de gauche, qui avaient soutenu l'éviction de M. Morsi avant de s'élever contre les nouvelles autorités, ont également été emprisonnés pour des rassemblements illégaux.

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