Vendredi 15 Décembre 2017

Les rivaux palestiniens partent négocier la réconciliation au Caire

Les rivaux palestiniens partent négocier la réconciliation au Caire
(AFP 09/10/17)
Le chef du Hamas, Ismail Haniyeh (d), avec le ministre égyptien des Renseignements, Khalid Fawzi (G), au bureau de Haniyeh dans la ville de Gaza, le 3 octobre 2017

Le mouvement islamiste Hamas et son rival palestinien du Fatah ont dépêché lundi leurs émissaires au Caire pour entrer dans le dur des négociations censées concrétiser leur réconciliation annoncée avec emphase la semaine passée.

Les discussions à huis clos qui doivent commencer mardi dans la capitale égyptienne pour plusieurs jours porteront sur les détails concrets du rapprochement entre Hamas et Fatah, après une décennie de dissensions dévastatrices.

Passé les poignées de mains des retrouvailles la semaine passée dans la bande de Gaza, les tractations sur les dispositions tangibles d'un partage de pouvoirs sont annoncées comme extrêmement ardues tant les intérêts des uns et des autres semblent contradictoires, notamment sur le contrôle de la sécurité dans la bande de Gaza.

Le Hamas gouverne la bande de Gaza sans partage depuis qu'il en a évincé l'Autorité palestinienne au prix d'une quasi-guerre civile avec le Fatah en 2007. L'Autorité, entité internationalement reconnue supposée préfigurer un Etat palestinien indépendant, est dominée par le Fatah. Elle n'exerce plus son pouvoir, limité, que sur la Cisjordanie, occupée par Israël et distante de Gaza de quelques dizaines de kilomètres.

Sous pression, le Hamas a accepté en septembre le retour à Gaza de l'Autorité et de son gouvernement. Le raccommodement a été matérialisé en grande pompe mardi avec le premier conseil des ministres se tenant à Gaza depuis 2014.

L'enjeu, considérable, est double. Le plus immédiat est le sort des deux millions de Gazaouis, éprouvés par trois guerres avec Israël depuis 2008, les blocus israélien et égyptien, la pauvreté, le chômage et les pénuries d'eau et d'électricité. Au-delà, les divisions palestiniennes sont considérées comme un des principaux obstacles au règlement du conflit israélo-palestinien.

Les délégations du Fatah et du Hamas doivent à présent négocier les termes exacts de leur collaboration en Egypte, grand voisin et intermédiaire historique qui a joué un rôle primordial dans le rapprochement.

La délégation du Fatah comprend des personnalités comme le chef des renseignements au sein de l'Autorité, Majed Farraj, et Fayez Abou Eita, un responsable du parti à Gaza, a indiqué l'agence Wafa.

Pour le Hamas, son chef dans la bande de Gaza, Yahya Sinouar, et Salah al-Arouri, cadre en exil tout juste désigné numéro deux officiel du mouvement, sont du voyage, a dit le groupe dans un communiqué.

"Nous ne reviendrons pas au temps de la division", a juré M. Sinouar dimanche soir après une réunion politique.

Cependant, différents sujets s'annoncent comme de possibles motifs de rupture, à commencer par l'avenir des 25.000 hommes de la branche armée du Hamas. Le Hamas a prévenu que la question n'était pas négociable.

Le Hamas attend la levée des mesures financières prises par le président de l'Autorité Mahmoud Abbas pour le faire fléchir, comme l'arrêt du paiement de la facture d'électricité gazaouie à Israël. "On reviendra dessus quand le gouvernement sera en mesure d'assumer ses responsabilités", a répondu M. Abbas.

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