Mercredi 20 Septembre 2017

L’Algérie relance l’idée de réforme de la Ligue arabe pour la soustraire à l’influence égyptienne

L’Algérie relance l’idée de réforme de la Ligue arabe pour la soustraire à l’influence égyptienne
(Tout sur l'Algérie 15/03/17)
Sommet de la ligue arabe

L’Algérie demande une réforme de la Ligue arabe. Cette ancienne revendication d’Alger a été relancée, lundi soir, par le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des États arabes. Abdelkader Messahel a annoncé, lors de l’émission Hiwar Al Sâa, diffusée par l’ENTV, que cette réforme sera une priorité pour l’Algérie qui préside depuis début mars la 147e session du Conseil des ministres de la Ligue arabe.

L’Algérie sera à la tête de ce Conseil jusqu’à septembre 2017. Le 28e sommet ordinaire de la Ligue arabe est prévu le 29 mars 2017 à Amman en Jordanie.
Une revendication ancienne

Compte tenu de la situation critique dans les pays arabes, du terrorisme et des projets de division de certains États arabes, il devient nécessaire d’engager des réformes en profondeur au sein de la Ligue arabe pour l’adapter aux nouvelles donnes », a expliqué M. Messahel.

Il a regretté que les solutions des crises politiques et sécuritaires qui traversent la nation arabe soient toujours imposées de l’extérieur, en dehors du cadre multilatéral de la Ligue arabe dont le siège est au Caire. Les dossiers syrien et libyen sont la parfaite illustration de cette situation.

Cette revendication algérienne n’est pas nouvelle. En janvier 2005, Abdelaziz Belkhadem, alors ministre des Affaires étrangères, avait déclaré que l’Algérie ne veut pas que la Ligue arabe devienne « une annexe du ministère égyptien des Affaires étrangères ». « Beaucoup de pays arabes nous soutiennent dans cette démarche. Il se trouve malheureusement que certains ne le disent pas », avait-il soutenu. « Nous avons un schéma de réformes qui ne concerne pas seulement l’organigramme et les institutions de la Ligue arabe. Nous avons proposé une refonte de la Charte de la ligue », avait ajouté M.Belkhadem. La charte de la ligue date de 1945.
Présidence tournante

Alger, veut notamment, casser la règle de l’unanimité dans la prise de décision au sein de la Ligue, introduire le principe de la majorité qualifiée pour éviter l’immobilisme et démocratiser le fonctionnement des départements de la Ligue. L’Algérie, qui a adhéré à la Ligue arabe en 1962, souhaite également que la présidence de l’organisation soit tournante sur une base élective. Depuis sa création en 1945, la ligue arabe a eu huit secrétaires généraux. Et depuis 1991, elle est dirigée par des Égyptiens : Asmat Abdelmegid, Amr Moussa, Nabil El Arabi et Ahmed Abou El gheit.

L’Algérie n’a abrité qu’une seule fois, le sommet de la ligue arabe, en 2005, contre onze fois pour l’Égypte. La Somalie, la Mauritanie, Djibouti, Les Comores, Oman et les Émirats arabes unis, qui sont des pays membres de la Ligue arabe, n’ont jamais organisé de sommets des chefs d’États.

En 2005, Les propositions faites par Alger, qui était soutenue par la Libye et le Yémen, ont été vivement critiquées au Caire. L’Algérie avait alors préféré laisser de côté son projet de réforme pour éviter une crise diplomatique avec l’Égypte.
Règlement pacifique des conflits

Les différends entre Alger et Le Caire sur la manière de gérer le dossier libyen semblent avoir amené l’Algérie à relancer ses idées de réformes de la Ligue arabe, souvent perçue comme « un syndicat de gouvernements » à efficacité limitée.

Alger entend évoquer, lors du sommet d’Amman, la nécessité d’inscrire la question du règlement pacifique des conflits dans un cadre arabe et arabo-africain.

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