Lundi 20 Novembre 2017

France: décès du dramaturge d'origine égyptienne Adel Hakim

France: décès du dramaturge d'origine égyptienne Adel Hakim
(AFP 30/08/17)
Le dramaturge d'origine égyptienne Adel Hakim, co-directeur du Théâtre des Quartiers d'Ivry.

Le dramaturge d'origine égyptienne Adel Hakim, co-directeur du Théâtre des Quartiers d'Ivry, en banlieue parisienne, est décédé chez lui mardi à l'âge de 64 ans, a annoncé le théâtre.

Auteur, metteur en scène, acteur, Adel Hakim se battait courageusement contre une maladie dégénérative depuis trois ans, continuant de créer et de participer à l'aventure du Théâtre des Quartiers d'Ivry.

Il était né le 13 octobre 1953 au Caire, avait vécu en Egypte puis au Liban avant de s'installer en France en 1972 pour suivre ses études, dont un doctorat de philosophie.

Formé au théâtre avec Ariane Mnouchkine et John Strasberg, il prend en 1992 avec Elisabeth Chailloux la direction du Théâtre des Quartiers d'Ivry.

Malade, il n'avait pu prendre la parole lors de l'inauguration en décembre 2016 du nouveau bâtiment accueillant le théâtre, la Manufacture des oeillets, un ancien site industriel classé, un projet que l'équipe portait depuis plus de dix ans.

Le nouveau lieu magnifiquement rénové a accueilli en janvier deux pièces jouées en arabe par les acteurs du Théâtre national palestinien, "Antigone" de Sophocle et "Des Roses et du Jasmin", une création d'Adel Hakim.

En 2012, "Antigone" avait reçu le Prix de la Critique du meilleur spectacle étranger.

Metteur en scène (Eschyle, Botho Strauss, Goldoni, Pirandello, Shakespeare, Sophocle, Gabriel Calderon, Marivaux…), Adel Hakim était aussi auteur de textes dont certains ont été traduits et joués à l'étranger, comme "Exécuteur 14", sur la guerre du Liban, créé en 1991 au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis.

Il a créé, avec Le Théâtre des Quartiers du Monde, des spectacles avec des acteurs kirghiz, chiliens, uruguayens, palestiniens.

Adel Hakim avait souhaité abréger ses souffrances avec l'aide de l'association Dignitas à laquelle il avait adhéré. Son état de santé l'a empêché de se rendre comme il l'avait souhaité en Suisse.

Il laisse une lettre intitulée "Libre adieu", dans laquelle il explique son choix et défend le suicide assisté, déplorant que cette "liberté" soit "interdite par la législation française".

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