Lundi 11 Décembre 2017

En Egypte, la musique underground fleurit sur les ruines de la révolution

En Egypte, la musique underground fleurit sur les ruines de la révolution
(Le Monde 29/07/17)
Les artistes indépendants, icônes du soulèvement populaire de 2011.

Les artistes indépendants, icônes du soulèvement populaire de 2011, sont devenus des têtes d’affiche malgré le retour de l’autoritarisme.
Au milieu du concert, le chanteur tourne le micro vers le public. « Dans chaque rue de mon pays, la voix de la liberté appelle », entonnent plusieurs milliers de fans survoltés qui connaissent par cœur le tube « Sout Al Horeya » (« la voix de la liberté »), hymne de la révolution égyptienne du 25 janvier 2011. Blouson en cuir, lunettes de soleil Ray-Ban et tatouages sur le cou et les mains, Amir Eid, le soliste du groupe pop-rock Cairokee, reprendra le micro le temps d’un dernier refrain sur la scène de Sakia, célèbre salle de concert du quartier branché de Zamalek, au Caire.Le 12 juillet, le groupe a sorti un septième album très attendu, Noaata Beida (« une goutte de blanc »), malgré l’interdiction de certains titres par l’organisme public de la censure égyptien, qui délivre les autorisations de diffusion des œuvres. « La mauvaise nouvelle est que, pour la première fois, notre album ne sortira pas sur le marché sous son véritable aspect, la bonne nouvelle est que nos chansons libres resteront disponibles sur Internet », a commenté le groupe sur sa page Facebook.
Une ascension fulgurante

Six ans après la chute de Hosni Moubarak, le retour de l’autoritarisme, incarné par le président Abdel Fattah Al-Sissi depuis 2014, écrase les espoirs de la jeunesse révolutionnaire. Mais les musiciens indépendants, icônes du soulèvement populaire de 2011, n’ont pas été freinés dans leur fulgurante ascension. Depuis la révolution, Cairokee bat tous les records avec ses chansons politiques : deux jours après sa sortie en novembre 2011, son ode à la place Tahrir, « Ya Al Medan », s’est classée numéro un des téléchargements sur Facebook, numéro six sur Twitter et numéro huit sur YouTube. En duo avec la chanteuse Aida Al-Ayouby, c’est l’un des plus grands tubes du groupe.

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