Dimanche 22 Avril 2018

Egypte : Une élection présidentielle plébiscitaire !

Egypte : Une élection présidentielle plébiscitaire !
(MondAfrique 27/03/18)
Le président égyptien Abdel Fattah Al Sissi

L’élection présidentielle en Egypte, dont le premier tour se tiendra du 26 au 28 mars verra le maréchal Al-Sissi se succéder certainement à lui-même … faute de concurrents. Un article de Rabbah Attaf

Ils étaient pourtant plusieurs candidats à se bousculer au portillon, militaires ou civils, annonçant même leurs candidatures via Twitter et autres réseaux sociaux. Mais l’un près l’autre, ils ont été préventivement éliminés de la course.

A commencer par Ahmed Chafiq, ex-chef militaire agé de 76 ans et dernier Premier ministre de Moubarak, exilé aux Emirats Arabes Unis depuis son acquittement pour corruption. Il avait annoncé sa candidature dans une vidéo mise en ligne fin novembre dernier, y précisant même qu’il était empêché de voyager. Expulsé le 2 décembre par Abou Dhabi, il a finalement posté, le 7 janvier 2018, une déclaration de désistement sur son compte Twitter. Il y estime « ne pas [être] la personne idéale pour mener les affaires de l’État dans la période à venir ». Une volte-face surprenante venant d’un homme perçu comme un adversaire gênant d’Al-Sissi -au deuxième tour des élections présidentielles de 2012 il avait fait un score de 48,27% des votants. Selon le New York Times, Ahmed Chafiq a en fait capitulé face aux pressions du pouvoir en place. En clair, selon l’un de ses avocats, des menaces de poursuites judiciaires concernant d’anciennes affaires de corruptions.

Autre candidat de poids, le général-major Sami Anan qui, durant le soulèvement de janvier 2011, s’était rendu populaire auprès des insurgés de la place Tahrir en servant de médiateur entre leurs représentants et le Conseil Suprême des Forces Armées. Connu comme réconciliateur, c’est un partisan d’une réintégration des Frères musulmans dans le jeux politique. A la retraite depuis sa mise à l’écart en 2012 par l’ex-président Mohamed Morsi, Sami Anan avait annoncé sa candidature le 19 janvier dernier, quelques heures après celle du président actuel.

Sami Anan n’est pas n’importe qui. Il bénéficie, selon des observateurs du sérail du pouvoir égyptien, de l’appui de réseaux au sein de l’armée, notamment de son ami, Khaled Faouzy, le puissant patron des RG militaires, une puissante agence chargée des sondages. Autant dire qu’il risquait de faire de l’ombre au président sortant. Est-ce le hasard ? Khaled Faouzy a été remplacé il y a peu par un aide de camp d’Al-Sissi tandis que le 23 janvier, Sami Anan était arrêté juste après la lecture d’un communiqué de l’armée diffusé sur la télévision d’État. En fait une sorte de mandat d’amener, indiquant que Sami Anan est recherché pour répondre d’« incitation à la division entre les forces armées et le peuple » et de falsifications de documents officiels. Le jour même, le général-major était déféré devant un procureur militaire. Depuis, ni sa famille, ni même ses avocats n’ont pu le joindre.

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