Vendredi 22 Septembre 2017

Egypte : la liberté d'expression recule encore

Egypte : la liberté d'expression recule encore
(Libération 05/09/17)
Le parlement egyptien.

Après l'arrêt de certaines émissions télévisées et sites d'information, le Parlement s'apprête à voter une loi pour encadrer les utilisateurs des réseaux sociaux.Une nouvelle loi portant sur la surveillance des utilisateurs des réseaux sociaux pourrait être votée à l’occasion de la rentrée parlementaire en Egypte. Depuis avril, le député Riad Abdel Sattar propose ainsi un contrôle drastique des utilisateurs des réseaux sociaux, au nom de la lutte contre le terrorisme. Les utilisateurs seraient, en cas d’adoption, obligés de demander aux autorités des codes d’accès personnalisés, liés à leur carte d’identité, pour accéder à Facebook ou à Twitter. Tout utilisateur qui refuserait d’enregistrer ses données serait contraint de payer une amende de 250 euros, et condamné à six mois de prison en cas de récidive.

Si le gouvernement n’a pas le pouvoir de personnaliser l’accès à Facebook – il lui faudrait pour cela l’accord du siège de la société sis aux Etats-Unis –, il peut en revanche tout à fait bloquer le site. La proposition du député correspond en tout cas à la ligne du ministre des Affaires parlementaires, qui s’obstine à affirmer que les réseaux sociaux répandent des rumeurs et provoquent «un désordre interne», avec pour but de faire tomber le régime.
Réprimer la société civile

Cette mesure concernant les réseaux sociaux n’est qu’un exemple parmi tant d’autres des velléités du gouvernement Al-Sissi de museler les libertés publiques et contrôler la société civile égyptienne. Le Parlement compte d’ailleurs profiter de ce nouveau débat pour discuter de «l’organisation» de la presse dans le pays, à savoir son contrôle accru.

Fin 2016, le président Al-Sissi avait déjà fait voter une loi lui permettant de mettre en place un conseil destiné à «superviser» les organes de presse. En janvier, Ibrahim Eissa, un célèbre éditorialiste très critique envers le régime, a dû ainsi mettre un terme à son émission Avec Ibrahim Eissa. Pour justifier cette censure, le président du Parlement s’est borné à accuser Eissa de «désinformation criminelle». La chaîne de télévision qui hébergeait le chroniqueur, Al Qahera Wal Nas TV, a assuré avoir subi des pressions : Al Qahera était l’organisatrice du «Marché», une grande foire de ventes de meubles. Mi-décembre, les autorités avaient décidé que la prochaine édition n’aurait pas lieu.

Plus récent encore, en mai dernier, Al-Sissi a promulgué une nouvelle loi pour réguler les activités des ONG, même apolitiques. Le texte a limité leurs activités aux seules questions sociales, avec une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement en cas d’infraction. Aucun travail de terrain ou sondage d’opinion n’est toléré sans autorisation préalable.

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