Mercredi 20 Septembre 2017

Ciblés par l’EI, les coptes sont obligés de quitter le nord du Sinaï

Ciblés par l’EI, les coptes sont obligés de quitter le nord du Sinaï
(Le Monde 16/03/17)

Les attaques djihadistes se multiplient contre les chrétiens d’Egypte.
Sur les bords du canal de Suez, à Ismaïlia, l’après-midi se voudrait joyeux. Des ballons, de la musique à plein volume, un saltimbanque qui danse tel un derviche tourneur sont là pour distraire un parterre d’enfants en état de choc dans le jardin d’une auberge de jeunesse transformée en refuge. Vêtus chichement, les adultes ont le visage fermé, les traits tirés. Ces familles coptes égyptiennes ont fui la ville d’Al-Arich, dans le nord du Sinaï, après une série d’attaques contre leur communauté : sept chrétiens ont été brutalement tués depuis la fin du mois de janvier dans cette région où sévit l’organisation Etat islamique (EI).

Les mots de solidarité prononcés par une délégation d’émissaires officiels sont accueillis par des applaudissements mécaniques. Les meurtres n’ont pas été revendiqués mais les derniers ont eu lieu après la diffusion, le 19 février, d’une vidéo de la Province du Sinaï, la branche locale de l’EI dans la péninsule désertique, qui promettait de prendre pour cible les coptes de toute l’Egypte.
A l’auberge de jeunesse, dont l’entrée est contrôlée par des policiers, de nombreux déplacés refusent de parler. Pour ceux qui s’expriment, l’équation est simple : vivre à Al-Arich, c’est se condamner à mort. Mais qui les aidera, se demandent-ils, eux, petits fonctionnaires, commerçants ou chauffeurs de taxi ? Ils n’envisagent pas de retourner dans le Sinaï. Ou en tout cas pas « tant que l’armée n’aura pas repris le contrôle » de la région, théâtre d’une insurrection djihadiste de plus en plus violente et étendue depuis 2011, souffle une femme dont l’un des proches a été tué là-bas.

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