Mercredi 20 Septembre 2017

Visite sans publicité du président djiboutien en France

Visite sans publicité du président djiboutien en France
(La Croix 01/03/17)

Discret, tout est discret dans la visite officielle, mardi 28 février, du président de Djibouti Ismaïl Omar Guelleh (IOG) en France. À son programme, pourtant, des rencontres avec François Hollande, avec le président du Sénat Gérard Larcher, avec le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian, avec le secrétaire d’État au développement et à la coopération Jean-Marie Le Guen, et avec le Medef. Mais aucune déclaration publique prévue, aucune publicité.

Bordé par des pays en guerre (la Somalie, le Yémen), par un pays prison condamné par une partie de la communauté occidentale (l’Érythrée), Djibouti est actuellement le seul pays stable du golfe d’Aden. Il apparaît donc indispensable dans la lutte contre les islamistes dans la Corne de l’Afrique et la Péninsule arabique, et contre la piraterie maritime, très forte dans la première décennie des années 2000.

La France supplantée par Pékin

Dans le double souci de peser militairement dans la région et de protéger son commerce maritime, les grands de ce monde y ont installé des militaires à la suite de la France, l’ancienne puissance coloniale. Parmi eux, les États-Unis, le Japon, l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, la Chine… et bientôt la Russie et l’Arabie saoudite.

Dernière évolution spectaculaire, la mainmise de Pékin sur le pays. Tant sur le plan des infrastructures, des projets de développement que des relations bilatérales, la France est aujourd’hui supplantée par Pékin. De sorte que l’Élysée se sent piégé : « On sait qu’Ismaïl Omar Guelleh n’est pas un démocrate, que la presse est muselée, que les droits de l’homme sont une blague, murmure-t-on du côté du pouvoir, mais sortir nos trompettes est contre nos intérêts. »

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