Ismaël Omar Guelleh conduit-il Djibouti à sa perte ? | Africatime
Jeudi 23 Mars 2017

Ismaël Omar Guelleh conduit-il Djibouti à sa perte ?

Ismaël Omar Guelleh conduit-il Djibouti à sa perte ?
(AgoraVox 17/03/17)
Ismaël Omar Guelleh (IOG).

Djibouti, petit pays de la Corne de l'Afrique, glisse doucement vers sa perte. Dirigés par Ismaël Omar Guelleh (IOG) depuis 1999, les Djiboutiens subissent quotidiennement les conséquences des décisions insensées prises par leur président, décisions qui appauvrissent et asservissent la population. Des croisades judiciaires dispendieuses et inutiles aux retournements d'alliances géostratégiques, panorama des dernières lubies d'IOG, qui risquent fort d'envoyer son pays dans le mur.

Depuis plusieurs années, le régime d'IOG poursuit en justice un homme d'affaires djiboutien, Abdourahman Boreh. L'affaire, qui concerne l'implication financière de Boreh dans la modernisation des installations portuaires de Djibouti, est instruite par la Haute cour de justice du Royaume-Uni.

Malgré les déroutes successives des avocats d'IOG, le président djiboutien n'entend pas rendre les armes. L'obstination judiciaire contre Boreh a pourtant déjà coûté des dizaines de millions d'euros à Djibouti, un pays dont il convient de rappeler que 42% de la population vit sous le seuil de pauvreté absolu. En avril 2016, la Haute cour de Londres a ainsi condamné le pays africain à payer 3 millions de livres sterling à Abdourahman Boreh, et ce alors que l'homme d'affaires s'était déjà vu attribuer la somme de 9,3 millions de livres lors d'un précédent jugement, sanctionnant un procès intenté par le régime pour trahison et corruption. Selon plusieurs sources, le régime aurait déboursé entre 70 et 90 millions de dollars dans le but de poursuivre M. Boreh, et ce alors que ce dernier ne met plus les pieds dans son pays depuis des années.

Alors que le régime d'IOG a tenté d'impliquer son ancien allié et désormais opposant dans un attentat terroriste ayant frappé la capitale, Djibouti City, en 2009, la Haute cour de Londres accuse l'avocat de l'Etat djiboutien, un certain Peter Gray, d'avoir sciemment présenté à la cour des « preuves » dont la date avait été modifiée. Un comportement que la Haute cour a qualifié, en mars 2015, de « répréhensible ».

Ces déroutes en cascade rencontrées par l'accusation ne semblent pas freiner la croisade judiciaire d'IOG contre Abdourahman Boreh. Après le Royaume-Uni, c'est en Irlande que ses avocats ont déporté l'action judiciaire, puisqu'ils ont attaqué le réseau social Facebook afin de le contraindre à effacer des contenus jugés « offensants » et « diffamatoires ». Les conseils d'IOG ont ainsi demandé à la Haute cour de justice irlandaise, pays où le siège social de Facebook est implanté, de suspendre les comptes accusés d'avoir diffusé ces contenus, mais encore de révéler les noms, comptes mail, numéros de téléphone et adresse IP des comptes visés par la plainte.

Pendant que la « chasse aux sorcières » continue sur le terrain judiciaire, IOG continue son rapprochement avec la Chine, repoussant ses anciens alliés historiques au mépris des conséquences pour l'avenir de son pays.

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