Vendredi 15 Décembre 2017

Géothermie : Djibouti à toute vapeur

Géothermie : Djibouti à toute vapeur
(Jeune Afrique 23/11/17)
Photos du projet Géothermie à Djibouti.

Le pays, qui possède un fort potentiel géothermique, s’engage à utiliser des énergies renouvelables. Il multiplie les forages, avec le soutien financier de la communauté internationale. À Djibouti, on n’a pas de pétrole mais des énergies renouvelables à profusion. Pour ne plus avoir à dépendre d’un or noir importé à 100 % puis, ces dernières années, d’une électricité éthiopienne qui répond à 70 % de sa consommation, la petite République a décidé de passer au vert pour devenir le premier pays africain à utiliser une énergie à 100 % renouvelable. Et si possible rapidement, c’est‑à-dire à l’horizon 2035.

L’objectif peut sembler démesuré, mais la persévérance qu’ont montrée les autorités du pays ces vingt dernières années pourrait être récompensée. Malgré son taux d’ensoleillement parmi les plus élevés du monde, le pays n’a fait qu’effleurer son potentiel dans le solaire. Idem pour l’éolien, dont les quelques tentatives n’ont pas dépassé les murs du Centre d’étude et de recherche de Djibouti (Cerd).

Il est cependant beaucoup plus avancé dans le domaine de la géothermie. Au point de disposer aujourd’hui d’une équipe d’experts parmi les plus reconnus du continent, avec les Kényans. L’un d’eux, le Dr Kayad Moussa Ahmed, est aujourd’hui directeur général de l’Office djiboutien de développement de l’énergie géothermique (Oddeg), l’organisme créé par les pouvoirs publics en 2013 pour gérer l’ensemble des projets de recherche sur cette source d’énergie. Avec un objectif en tête : « Fournir le premier mégawatt au réseau en 2020 », affirme-t-il.

Projet Assal-Fiale

En équilibre sur la pointe nord du rift africain, Djibouti est assis sur une fournaise dont les vapeurs pourraient lui permettre de produire « 5 000 MW sur la vingtaine de sites aujourd’hui répertoriés sur le territoire », assure le spécialiste, qui, pour mémoire, rappelle que « la capacité énergétique nationale actuelle est de 120 MW ». Même si le potentiel géothermique a semblé suffisamment évident à tout le monde pour que les premières recherches soient menées dès le début des années 1970, l’identification, puis l’extraction, de ces fumerolles n’ont en revanche rien d’un long fleuve tranquille.

IOG est persuadé que le futur énergétique du pays se trouve dans son sous-sol

Entre les premières tentatives du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), menées dès 1972, et les promesses que fait naître aujourd’hui le projet Assal-Fiale, situé à quelques encablures seulement, les experts français, italiens, américains, islandais, turcs et japonais qui se sont succédé aux côtés des Djiboutiens ont multiplié les allers-retours entre les deux lacs salés du pays, Assal et Abbé, avant de s’installer non loin du Goubet.

Si les premières campagnes de forage sont encourageantes, les recherches s’arrêtent en 1987 faute de résultats et de combattants. Il faut attendre 1999 et l’arrivée au pouvoir d’Ismaïl Omar Guelleh (IOG) pour que le pays retente sa chance, sous la responsabilité des Djiboutiens eux-mêmes et sous le haut patronage du chef de l’État. Impressionné par un essai auquel il avait assisté dans les années 1980, IOG est persuadé que le futur énergétique du pays se trouve dans son sous-sol.

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