Samedi 19 Août 2017

Tambacounda : des acteurs imprégnés de la réforme des transports routiers

Tambacounda : des acteurs imprégnés de la réforme des transports routiers
(APS 22/12/16)

Un atelier d’information sur la réforme des transports routiers s’est ouvert, jeudi à Tambacounda (est) à l’intention des acteurs locaux du transport et des services de sécurité, a constaté l’APS.

Présidé par le gouverneur de la région de Tambacounda, Bouya Amar, cette rencontre vise à informer les responsables du secteur des transports routiers sur les nouvelles réformes sur lesquelles les services de l’Etat sont en train de travailler, pour assurer la sécurité de la circulation des personnes et des biens.

Le directeur des transports routiers, Cheikh Omar Gaye a fait remarquer une recrudescence des accidents de la route ces temps-ci, avec leur lot de morts, relevant que depuis le magal de Touba, 63 décès ont été enregistrés à travers le pays du faits d’accidents de la route.

Ce qui, a-t-il rapporté, a poussé le président de la République à appeler l’administration des transports à faire preuve de rigueur dans la délivrance des permis de conduire, mais aussi à inviter les forces de sécurité à une "tolérance zéro" vis-à-vis de certains comportements sur la route.

Après les efforts de l’Etat en termes d’infrastructures routières, de renouvellement du parc automobile, de même les activités menées pour la généralisation des centres modernes de contrôle routiers, il convient de s’attaquer au facteur humain qui représente "93% des causes d’accident", a-t-il expliqué.

"Il faut agir sur l’homme par des actions de formation, de sensibilisation et d’éducation, mais aussi l’application de la loi", a dit M. Gaye.

D’où les services des transports ont été instruits de mettre en œuvre le permis à points, dont les travaux sont "bien avancés", a ajouté le directeur des transports routiers, soulignant que cette réforme ne concerne pas les seuls acteurs du transport en commun, qui ne représentent que 30% des titulaires de près du million de permis que compte le pays.

Il a précisé que les particuliers sont aussi ciblés par ces mesures. "La loi sera appliquée dans toute sa rigueur et pour tous", a-t-il assuré, déplorant le fait que chaque année, 500 décès en moyenne soient enregistrés à travers le pays.

La réforme porte sur trois points, à savoir la gestion des titres de transport, avec la numérisation des documents de transport – permis, cartes grises – qui ne pourront plus être contrefaits.

Le Code de la route sera aussi réformé en profondeur pour prendre en compte certaines nouveautés comme le développement des autoroutes, le Train express régional (TER), les Bus rapide transit (BRT) ou encore l’installation de radars et autres appareils de vitesse le long des routes.

Abondant dans le même sens, le gouverneur a indiqué citant la gendarmerie que 260 accidents ont été dénombrés durant l’année 2016, compte non tenu du mois de décembre, causant 83 décès, et 505 blessés, sur un linéaire de 120 kilomètres.

"La psychose règne au niveau de la route", a-t-il noté, ajoutant que dans une région où la route est à 95%, le moyen le plus emprunté, si elle devient une menace, l’économie elle-même, risque d’en pâtir.

Les hôpitaux commencent à souffrir des coûts énormes de la prise en charge des blessés, a poursuivi M. Amar.

"Les chauffeurs font preuve d’une indiscipline notoire (…) Nous sommes au bout du chemin ; il faut passer à l’application de la loi", a-t-il dit, appelant de ses vœux la mise en œuvre des réformes, n’en déplaise à certains.

Estimant que la sensibilisation n’a visiblement "aucun impact sur les accidents", il a relevé que Tambacounda qui se situe sur le "corridor des corridors", en tant que point de passage vers le Mali ou la Guinée, est interpellée. D’où son souhait que cette rencontre crée un "déclic" chez les acteurs du transport.

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