Vendredi 18 Août 2017

Le dossier des Algériens disparus durant la bataille d'Alger confié à une commission au ministère des Moudjahidine

Le dossier des Algériens disparus durant la bataille d'Alger confié à une commission au ministère des Moudjahidine
(Algérie Presse service 01/03/17)

Le dossier des 8.000 Algériens disparus durant la "bataille d'Alger" a été confié à une commission installée au niveau du ministère des Moudjahidine pour lever le voile sur les crimes commis contre le peuple algérien en 1957, a affirmé, mardi à Alger, maître Fatima Zohra Benbraham.

Intervenant au Forum de la mémoire au siège du quotidien "El Moudjahid", l'avocate a indiqué qu'il existe une "volonté politique" claire concernant l'examen du dossier des 8.000 Algériens disparus durant la "bataille d'Alger" et celui des essais nucléaires de Reggane confié à une commission installée au niveau du ministère des Moudjahidine.

Soixante ans après la bataille d'Alger, il convient de lancer une réflexion sur la "mise en place de nouveaux critères de contrôle pour identifier les disparus et attester des crimes du colonialisme français" contre les civils.

Les détails de cette stratégie s'inscrivant dans le cadre des démarches visant à amener la France à reconnaître ses crimes seront communiqués à l'occasion du 72e anniversaire des massacres du 8 mai 1945, selon maître Benbraham.

Le nombre de civils disparus à la Casbah d'Alger est estimé à 8.000 Algériens victimes de la politique de répression militaire du général Massu, a indiqué la conférencière précisant que 60 ans après la bataille d'Alger, une lecture juridique des événements est nécessaire. "Il ne faut plus se contenter de relater des faits historiques", a-t-elle soutenu.

-"Une batterie de lois et la généralisation de la torture contre les Algériens"-

Maître Benbraham a expliqué dans sa conférence sur l'aspect juridique de la bataille d'Alger que la France avait fait face au soulevement des Algériens par la promulgation de lois les privant de leurs droits les plus élémentaires, dont la loi no 56-258 du 16 mars 1956 qui a generalisé la torture contre les Algeriens sous pretexte de "mesures exceptionnelles pour le rétablissement de l'ordre, la protection des personnes et des biens et de la sauvegarde du territoire" et la loi du 17 mars 1956 qui conférait à la police française des pouvoirs militaires sous l'autorité du général Massu en vue de mettre un terme à la bataille d'Alger, a-t-elle ajouté.

Pour maître Benbraham, la bataille de l'Algérie aujourd'hui est une "bataille de lois". Il existe de nombreuses preuves et témoignages de généraux français qui reconnaissent les crimes de guerre commis sous l'ordre du général De Gaulle.

Le but n'est pas de juger les personnes mais de défendre "l'idée d'un crime d'Etat" qui a commencé avec maître Verges, a-t-elle dit.

La ratification par la France du traité de Rome de 1998 est un "moyen de pression" sur la France qui a reconnu que les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles, a-t-elle soutenu, avant d'ajouter que l'Algérie peut aujourd'hui utiliser cette carte.

Commentaires facebook