Mardi 24 Avril 2018

Algérie: menaces de sanctions après le boycott des examens de spécialisation en médecine

Algérie: menaces de sanctions après le boycott des examens de spécialisation en médecine
(AFP 20/03/18)

Les premiers examens de fin d'études de spécialisation en médecine en Algérie ont été massivement boycottés par les médecins "résidents" en grève et des sanctions vont être prises à leur encontre, a affirmé lundi le doyen de faculté de médecine d'Alger.

Equivalent des internes en France, les quelque 13.000 médecins "résidents" algériens, qui étudient durant 4 ou 5 ans une spécialisation en médicale après leur diplôme de médecine générale (7 ans), sont en grève depuis novembre.

Après avoir boycotté en janvier la session initiale des examens du Diplôme d'études médicales supérieures (DEMS), sanctionnant la fin de leur cursus, les résidents ont annoncé le boycott de la session de "rattrapage" - normalement réservée aux recalés -, organisée du 18 mars au 12 avril. Ils en réclamaient le report, ce que les autorités ont refusé.

"Il n'y aura pas une autre date pour l'obtention du DEMS, puisque les médecins résidents ont boycotté les épreuves" d'ophtalmologie organisée lundi dans la capitale algérienne, a déclaré à l'agence d'Etat APS le doyen de la faculté de médecine d'Alger, le Pr Salah Eddine Bendib.

"Des mesures seront prises à l'encontre de ces boycotteurs", a-t-il assuré, sans autre détail, qualifiant leur attitude "d'abandon de poste".

Aucun des 71 médecins résidents inscrits aux épreuves d'ophtalmologie n'y ont pris part lundi, a affirmé à l'AFP le Dr Yassine Balhi membre du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra), à l'origine du mouvement.

Entre 1.800 et 2.000 spécialistes en médecine, pharmacie et chirurgie dentaire sont diplômés chaque année en Algérie dans l'une des 67 spécialités médicales.

Les examens se déroulent, par spécialité, dans diverses ville du pays. La prochaine épreuve, orthopédie, est prévue dimanche à Alger.

Estimant que les négociations avec les autorités n'avancent pas, les "résidents" veulent les contraindre à décréter une "année blanche", c'est-à-dire l'invalidation de l'année pédagogique pour l'ensemble du cursus de spécialisation, alors qu'aucun cours théorique ou formation clinique n'ont eu lieu depuis novembre.

Les résidents algériens réclament notamment l'abrogation du "service civil" les obligeant à exercer, au terme de leurs longues études et une fois leur DEMS obtenu, entre un et quatre ans dans des zones parfois reculées, en plus des 12 mois de service militaire, obligatoire pour tous les Algériens de sexe masculin.

Commentaires facebook