Mercredi 13 Décembre 2017

Elections locales : Le FPI boycotte et... participe

Elections locales : Le FPI boycotte et... participe
(Le Patriote 18/04/13)

Le mot d’ordre du 22 mars du FPI est clair. Les élections régionales et municipales doivent être boycottées par tous ceux qui se réclament du FPI. «Le FPI n’est pas concerné par les élections du 21 avril 2013 ; aucun militant du FPI ne doit en aucune manière prendre part à ces élections», avait déclaré le Secrétaire général de ce parti, Richard Kodjo, lors d’un point de presse. Mieux, il a invité ce jour-là les militants du FPI à «ne figurer sur aucune liste, ni faire campagne pour une liste, encore moins voter, sous peine de s’exposer aux sanctions disciplinaires prévues par nos textes». Hier encore, dans la parution de «Notre Voie», journal proche du FPI, Odette Lorougnon, présidente de l’Organisation des Femmes du FPI, a réitéré à l’égard des femmes du FPI cette interdiction formelle de prendre part au scrutin du 21 avril. Mais apparemment, ce mot d’ordre n’est pas entendu par de nombreux militants du FPI qui ont décidé de le braver. Dans les régions comme dans les communes, de nombreux militants avérés du FPI et de l’ancienne mouvance présidentielle prennent une part active à la campagne. Dans les communes comme Marcory, Koumassi, Yopougon et Cocody, certains militants et leaders d’opinion proches du parti de Laurent Gbagbo sont dans le staff de campagne des candidats du RDR et du PDCI-RDA. Ces derniers rétorquent à tous ceux qui leur parlent de l’appel au boycott de leur parti que les élections locales ne sont pas du domaine politique. Mais plutôt du développement local. Pour eux, la direction de leur parti fait, sur ce dossier, fausse route. D’autres sont même allés plus loin dans leur engagement en se portant candidat à ces élections locales. Parmi ces cadres et militants de l’ancien parti au pouvoir, l’on peut citer Paul Mondouho pour les élections municipales à Duékoué. Le premier adjoint du maire FPI Victor Tihi Kpaho est candidat à sa succession à la tête de la municipalité de la ville carrefour. A quelques kilomètres de cette localité, à Bloléquin, Baou Doué Jean, ancien transfuge de l’UDPCI qui est devenu par la suite militant indécrottable LMP, est candidat pour la mairie de cette ville. L’ancien homme de Marcel Gossio dans la région a décidé de ne pas suivre la consigne donnée par le FPI pour ces élections et se porter candidat indépendant. A Gagnoa commune, Désiré Kouba est également candidat indépendant. Ce militant avéré du FPI qui vit à Paris veut, à sa manière, participer au développement de sa région. A Ouragahio, ce sont deux cadres du FPI qui se sont portés candidats. A savoir Pierre Dacoury-Tabley, l’un des neveux de Louis André Dacoury-Tabley qui est pharmacien. Et Dahoudi Boli, cadre du FPI de la région. A Agboville, N’Cho Acho, est aussi candidat indépendant. Ce colonel des douanes est connu pour avoir été celui-là même qui, lors de la précampagne de 2009, s’est présenté comme le futur candidat du FPI à la mairie d’Agboville. A Soubré, dans la région natale du président par intérim du FPI, Sylvain Miaka Oureto, ce sont quatre candidats issus de l’ancienne LMP qui iront aux urnes, à la fois, en tant que candidats et électeurs. Ce sont Pierre Kipré, ancien transfuge du RDR, devenu militant du FPI par la suite, Henri Otrou, Mathurin Dissa et Joseph Lognon. Tous candidats indépendants aux élections municipales. La liste n’est pas exhaustive. Car les militants du FPI encagoulés, il n’y a presque dans toutes les régions et communes de la Côte d’Ivoire. Par ailleurs, nombreux parmi eux, figurent sur des listes comme conseillers. Pour ces « récalcitrants », les considérations politiques ne doivent aucunement dépeindre sur les aspirations des populations au développement. Ce qui démontre qu’au FPI, le mot d’ordre de boycott ne fait pas l’unanimité. Comme l’on peut le constater, le FPI officiellement boycotte. Mais une bonne partie de ses cadres et de sa base ont décidé d’y participer. Au mépris des mises en garde des gardiens du temple. La leçon à retenir est donc claire : pour le développement d’un pays, les considérations politiques, voire politiciennes ne sont pas de mise. C’est aussi une façon pour ses militants FPI de reconnaître implicitement que l’actuel président, Alassane Ouattara mérite bien d’être encouragé dans les efforts constants qu’il consent pour sortir la Côte d’Ivoire du sous-développement.

Jean-Claude Coulibaly

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