Mardi 23 Janvier 2018

Les réseaux africains de « Monsieur Alexandre » Djouhri

Les réseaux africains de « Monsieur Alexandre » Djouhri
(Le Monde 11/01/18)

Dimanche 7 janvier, la police britannique est convaincue que l’homme qu’elle a arrêté à l’aéroport de Londres-Heathrow, à la sortie d’un vol en provenance de Genève, a deux passeports : français et algérien. C’est oublier qu’Alexandre Djouhri, 58 ans, ne se contente pas de deux nationalités. L’homme d’affaires, recherché dans le cadre de l’enquête sur le financement libyen présumé de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, a aussi été gabonais. Selon plusieurs sources, il a ainsi détenu plusieurs passeports diplomatiques d’Etats pétroliers d’Afrique centrale qui furent un tremplin dans la carrière de cet ancien caïd de la banlieue parisienne devenu intermédiaire international de haut vol.

Trois jours plus tard, l’homme d’affaires a obtenu de la justice britannique une libération sous caution, dans l’attente de son audience d’extradition. La France avait en effet émis, en décembre 2017, un mandat d’arrêt européen pour « fraude » et « blanchiment », des accusations lourdes selon le procureur britannique qui a réclamé son maintien en détention. Contre le versement d’une caution de 1 million de livres (1,13 million d’euros), il pourra s’installer dans la résidence londonienne de l’une de ses filles. Et peut-être même poursuivre à distance ses affaires africaines.

Au plus haut niveau du pouvoir gabonais
Habitué aux hôtels et résidences de luxe de Libreville, M. Djouhri veut croire que le président Ali Bongo, qui lui donne du « mon frère » depuis des années, ne le laissera pas tomber. Car, au cœur de ce pouvoir dynastique souvent accusé de pratiques corruptives, Alexandre Djouhri s’est toujours senti à l’aise. Il sait aussi pouvoir compter sur Frédéric Bongo, l’un de ses amis fidèles et demi-frère du chef de l’Etat. Le titre officiel de ce dernier est pompeux : directeur général des services spéciaux de la Garde républicaine. Ce saint-cyrien a la haute main sur le renseignement et la sécurité nationale. Lui et Alexandre Djouhri ont autrefois écumé les boîtes de nuit de Paris et de Londres.

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