Mercredi 20 Septembre 2017

Le Congo conteste la dégradation de sa note de crédit par Standard & Poor’s

Le Congo conteste la dégradation de sa note de crédit par Standard & Poor’s
(Les Echos 14/07/17)
Le président congolais Denis Sassou Nguesso

L’agence a abaissé la note du Congo à « CCC », signe d’un quasi-défaut de paiement. Un nouvel épisode de la saga Commisimpex, qui oppose le clan Sassou-Nguesso et l’homme d’affaires Mohsen Hojeij depuis des décennies.

Défaut ou pas défaut ? Les avis divergent. Le 7 juillet, l'agence Standard & Poor's a décidé d'abaisser la note de crédit du Congo de « B- » à « CCC », tout en la plaçant sous surveillance. Une décision qui a vivement irrité Brazzaville. Les autorités congolaises ont répliqué par voie de communiqué pour dire qu'elles « contestent vigoureusement » l'initiative de l'agence de notation américaine prise « sur la base d'une procédure frivole initiée par Commisimpex à New York ».

Les faits sont les suivants : des porteurs d'obligations libellées en dollars et émises par le Congo n'ont pas été payés à la date d'échéance du 30 juin. Selon S&P, le trustee, qui représente et protège les intérêts du pays, a « gelé le paiement d'environ 20 millions de dollars après avoir reçu une injonction » en ce sens. L'agence prévient qu'une fois passé le délai de grâce de 30 jours, elle décrétera un « défaut partiel » si les investisseurs n'ont toujours pas reçu l'argent.

Une saga qui rappelle le bras de fer entre l'Argentine et Elliott

Les autorités congolaises estiment, elles, qu'« aucun défaut de paiement n'est survenu ». Et s'explique. Le fameux trustee a reçu « à bonne date, soit le 27 juin, la somme de 21,1 millions de dollars » et « devait affecter ce paiement aux porteurs de titres le 30 juin ». En somme, tout était en place pour que le représentant légal verse les sommes dues aux détenteurs de titres mais on l'en a empêché. « Le trustee a été notifié d'injonctions de Commisimpex visant à interférer avec l'affectation des fonds », avance Brazzaville. Une affaire qui rappelle singulièrement la saga de la dette argentine .

Tout comme l'Argentine, en guerre pendant plus d'une décennie contre certains créanciers, dont le redoutable fonds Elliott, le Congo-Brazzaville ferraille contre la société Commisimpex (Commissions Import Export), propriété de l'homme d'affaires anglo-libanais Mohsen Hojeij. Celui-ci, autrefois proche du président Denis Sassou-Nguesso, est devenu son ennemi intime. Il réclame le paiement intégral des factures dues par Brazzaville à son entreprise de BTP pour des travaux menés il y a maintenant des décennies. Et avec le temps, la somme est devenue colossale pour le pays africain : environ 1 milliard de dollars, soit plus de 10 % du PIB du Congo.

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