Lundi 19 Février 2018

Kinshasa et Brazzaville pour une contrepartie financière à la protection de tourbières

Kinshasa et Brazzaville pour une contrepartie financière à la protection de tourbières
(AFP 13/02/18)
Poignet de mains entre les ministres de l’environnement de la RDC, Amy Ambatobe (D) et du Congo Brazzaville, Arlette Soudan Nonault (G), à Kinshasa.

La République démocratique du Congo et le Congo-Brazzaville ont déclaré lundi vouloir coopérer pour obtenir une "contrepartie" financière de la communauté internationale à la protection de tourbières contenant des quantités énormes de carbone et qui, si elles étaient cultivées, aggraveraient le réchauffement planétaire.

Les tourbières couvrent 145.000 km2 d'un espace marécageux à cheval entre le Congo et la RDC, soit une zone un peu plus grande que l'Angleterre.

Les experts estiment qu'elles stockent environ trente milliards de tonnes de carbone. Cela représente autant de carbone que les émissions d'énergie fossile de toute l'humanité sur trois ans.

Dans un communiqué conjoint parvenu à l'AFP, les ministres de l'Environnement du Congo et de la RDC disent vouloir obtenir "des garanties sous forme de financements (...) en vue d'assurer une contrepartie suffisante" aux sacrifices des riverains qui renonceraient à cultiver ces terres.

Cette décision a été prise à l'issue d'une réunion tenue le week-end entre les ministres Arlette Soudan Nonault (Congo) et Amy Amba Tobe (RDC) à Kinshasa afin de mettre en place "un organe de gestion conjointe des tourbières" par les deux pays, précise le document.

En octobre, lors d'une mission dans les tourbières de la forêt équatoriales à laquelle l'AFP avait participé, Simon Lewis, expert en tourbières de l’Université de Leeds au Royaume-Uni, avait expliqué que "si les tourbières s'asséchaient, si elles étaient transformées en espace agricole, le carbone stocké dans les sous-sols serait relâché dans l'atmosphère et cela aggraverait le problème du changement climatique".

Pour offrir des solutions de rechange aux populations riveraines, les agences des Nations unies et les autres partenaires "sont appelés à verser des compensations financières", a déclaré à la presse la ministre congolaise de l’Environnement, Mme Soudan Nonault, sans avancer de chiffre.

La forêt équatoriale du bassin du Congo, la deuxième du monde après l'Amazonie, est cruciale pour la biodiversité des animaux et des plantes mais aussi pour le climat.

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