Mardi 23 Janvier 2018

Crise en RDC : la mission désespérée de l’Eglise catholique chez Sassou

Crise en RDC : la mission désespérée de l’Eglise catholique chez Sassou
(La Tribune 10/01/18)
Le président congolais Denis Sassou Nguesso (D) et Monseigneur, Marcel Utembi (G), président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco)

Dénoncer une dictature chez un autocrate. C’est peut-être la phrase qui résume le mieux la mission presque paradoxale de la délégation de la Conférence épiscopale nationale du Congo qui a rencontré ce mardi le président congolais Denis Sassou Nguesso. A Brazzaville, les hommes en soutane espèrent une implication du chef de l'Etat de ce pays voisin en sa qualité de président de la Conférence des Grands Lacs. Mais le médiateur de l’autre rive est-il la personnalité indiquée pour faire reculer Joseph Kabila ?

Les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) ont dû être désespérés. En colère aussi après la répression particulièrement violente de paroissiens lors des manifestations du 31 décembre dernier qui a fait plusieurs morts. Mais leur courroux ou leur consternation justifient-ils pour autant de traverser les trois kilomètres qui séparent les deux Congo pour tenter d'apaiser la crise politique avec l'aide de ... Denis Sassou Nguesso ?
Sassou en médiateur pour «éviter le pire» chez Kabila

Ce mardi 9 janvier, une délégation de l'Eglise catholique, menée par l'Abbé Donatien Nsholé, s'est entretenue avec Denis Sassou Nguesso lors d'une audience au Palais du peuple situé dans le quartier du Plateau. Officiellement, les évêques qui veulent «éviter le pire» dans le pays sont venus voir Sassou Nguesso en sa qualité de président du Mécanisme de paix et de sécurité pour la Conférence internationale de la région des Grands Lacs (CIRGL).

L'objectif serait double : obtenir du chef de l'Etat du Congo-Brazzaville qu'il use de sa position pour calmer la crise politique qui dure depuis plus d'un an chez son voisin, et qu'il mène une mission de bons offices afin que les élections présidentielles, locales et provinciales, que les évêques jugent «tenables», se tiennent à la date annoncée du 23 décembre prochain.

Sans douter de la bonne foi de la démarche des évêques, c'est à se demander si l'Eglise catholique a bien pesé la portée de sa mission chez le voisin de l'autre rive du fleuve. En termes caricaturaux, la délégation épiscopale est partie mener une mission de dénonciation d'une dictature chez un autocrate.

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