Dimanche 19 Novembre 2017

Congo Brazzaville, Sassou lâché par Trump

Congo Brazzaville, Sassou lâché par Trump
(MondAfrique 07/11/17)
Le président américain Donald Trump et son homologue congolais Denis Sassou Nguesso (D)

Le régime du Congo Brazzaville semble de plus en plus isolé à Washington. Sur fond d’intérèts pétroliers divergents et de défense des droits humains

Autant le président Trump n’a guère une vision précise des réalités du continent africain, autant le département d’Etat, l’équivalent du ministère américain des Affaires Etrangères, n’a guère aujourd’hui une opinion favorable du régime congolais. Pas de chance pour le président Sassou, au pouvoir depuis 1997, le chef de da diplomatie américaine, Rex Tillerson, fut de 2008 à 2016 le patron du groupe pétrolier Exxon, qui fut poussé par la sortie par le régime congolais au profit des Français de Total. Autant dire que ces mauvais souvenirs sont toujours présents dans la perception qu’a aujourd’hui l’administration Trump des maitres de Brazzaville.

“Des irrégularités généralisées”

Plus généralement, le régime de Sassou n’a plus guère la cote. Celle qui qui vient d’être promue à la tète de la section “Afrique centrale” du département d’Etat est l’ancienne ambassadrice américaine au Congo Brazzaville, Stéphanie Sullivan. C’est peu de dire que dans ses fonctions passées et alors qu’Obama, soucieux de bonne gouvernance, était encore au pouvoir, cette dernière assista, sans indulgence, au processus électoral désastreux qui vit en mars 2016, la réélection de Sassou en 2016. Cette diplomate reçut constamment les opposants au régime, dénonça “les irrégularités généralisées” du scrutin et fit comprendre au secrétaire général du Parti Congolais du travail (PCT), le parti au pouvoir, qu’elle ne comptait pas soutenir ouvertement le président sortant. On vit même Stéphanie Sullivan se déplacer elle même à l’aéroport de Brazzaville, lors du retour en 2015 de l’opposant historique, Modeste Bukadia, accueilli par des centaines de militaires. Lorsqu’il fut jeté en prison, l’ambassade américaine resta constamment vigilante sur le sort qui lui était réservé.

Son état d’esprit apparut clairement lors de la cérémonie qui marqua son départ voici quatre mois: « L’engagement citoyen peut maintenir la transparence et la responsabilité de la part des élus. L’équilibre des pouvoirs garde les leaders politiques plus honnêtes et plus attentifs envers les citoyens. L’amélioration constante de l’environnement médiatique permet aux citoyens de prendre davantage des décisions éclairées et demander des comptes aux dirigeants », a-t-elle expliqué.

Ces préoccupations n’étaient guère celles des représentants de la France alors que François Hollande était chef de l’Etat et Manuel Valls Premier ministre. A l’époque, le conseiller spécial du président Sassou, le français Jean Yves Olivier, était décoré par Matignon tout comme quelques généraux en vue du régime. Ségolène Royal, ministre alors de l’environnement, venait mendier quelques subsides pour la COP 21 qui se tenait à Paris. “Les Américains étaient beaucoup plus soucieux de transparence et de droits humains que les français”, constat l’opposant Modeste Bukadia.

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