Jeudi 17 Août 2017

Allocution du Président de l’Union des Comores, AZALI Assoumani à la 71ème Session de l’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies

Français

New York, le 23 septembre 2016

Monsieur le Président,

Monsieur le Secrétaire Général,

Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de gouvernement,

Mesdames et Messieurs

Je suis heureux de l’opportunité qui m’est offerte aujourd’hui, de m’adresser à cet auguste Assemblée Générale des Nations Unies, pour la première fois depuis mon élection en qualité de Président de l’Union des Comores et, pour cela, très reconnaissant envers le peuple comorien, qui m’a ainsi permis de m’adresser au monde en son nom.

Je voudrais, du haut de cette tribune, féliciter le peuple comorien qui a su tourner la page de l’instabilité politique et des discordes inutiles, pour se tourner vers un réel développement, au profit des générations à venir.

Je suis en effet le 4ème Président, à accéder à la Magistrature suprême de l’Union des Comores, depuis bientôt deux décennies, par des élections libres, démocratiques et transparentes, dont les résultats ont été reconnus par la communauté internationale.

Mon pays vient ainsi de vivre une 3ème alternance politique et pacifique au Sommet de l’État, qui a vu une opposition remplacer le pouvoir légitime en place, à l’issue d’un processus électoral apaisé.

Je saisis cette opportunité, pour remercier la communauté internationale et tous les partenaires de l’Union des Comores, en particulier le Système des Nations Unies, pour avoir toujours été à nos côtés.

J’espère que leur accompagnement post-électoral, nous permettra de consolider la stabilité politique et de préserver les acquis de la Démocratie et de l’État de droit, pour réussir le développement économique et social du pays et assurer le bien-être du peuple comorien.

Mesdames et Messieurs,

Permettrez-moi de saisir cette occasion, pour adresser mes plus vives félicitations à Son Excellence Monsieur Peter Thomson pour son élection à la présidence de cette 71ème session de notre prestigieuse Assemblée Générale.

Monsieur le Président, je suis convaincu que votre expérience éprouvée des questions internationales, conjuguée à vos brillantes qualités personnelles, augure du succès des travaux de cette session de l’Assemblée Générale.

Je ne saurais omettre d’adresser mes compliments à votre prédécesseur, Son Excellence Monsieur Mogens Lykketoft pour avoir brillamment présidé notre 70ème session.

Qu’il me soit permis également de saluer l’action du Secrétaire général des Nations Unies, Monsieur BAN Ki-Moon et, alors qu’il s’apprête à quitter bientôt ses fonctions, au terme de sa mission qu’il a assumée avec talent, de m’associer à l’hommage unanime dont il fait l’objet, pour son engagement dans la promotion de la paix, du développement et dans la lutte contre le changement climatique.

Le peuple et le Gouvernement comoriens lui sont particulièrement reconnaissants de l’intérêt qu’il a toujours accordé à l’évolution de l’Union des Comores, en particulier l’attention toute particulière qu’il a portée au dernier processus électoral, qui a contribué à son bon déroulement et à le aboutir à des résultats acceptés par tous.

Permettez-moi enfin de saluer les orateurs qui m’ont précédé à cette tribune pour la pertinence de leurs discours et, en particulier, Son Excellence le Président Barak OBAMA qui achève bientôt son second mandat et à qui je tiens à dire, qu’il symbolise à merveille l’Amérique, l’Amérique de la tolérance, l’Amérique de la générosité, respectueuse des valeurs universelles de la liberté et du droit, l’Amérique que souhaite le monde.

Monsieur le Président,

Le débat général de cette 71e session est placé sous le thème « Les objectifs de développement durable : force universelle de transformation du monde ».

Il cadre parfaitement avec la décision prise il y a quinze ans par les dirigeants du monde sur un ensemble d'objectifs mondiaux, les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Il nous permettra de relever les progrès considérables enregistrés dans les années qui ont suivi, notamment la diminution continue de la pauvreté à travers le monde, le nombre de plus en plus croissant d’enfants scolarisés en primaire, la diminution, de façon spectaculaire, des décès d’enfants, l’élargissement de l’accès à l’eau potable et les efforts réalisés en faveur de la lutte contre le paludisme, le sida et la tuberculose, qui ont permis de sauver des millions de vies.

En effet, les efforts engagés pour atteindre un monde plus prospère, plus équitable, plus libre, plus respectueux de la dignité humaine, un monde où la recherche et le maintien de la paix se poursuivent sans relâche, ont été considérables.

En outre, les programmes ambitieux à long-terme que nous avons mis en œuvre pour améliorer la vie des populations et protéger la planète pour les générations futures, nous permettent d’envisager avec optimise, la réduction de la pauvreté, l’amélioration de la santé et de l’éducation, un habitat plus durables, le combat contre les changements climatiques et la protection des océans et des forêts.

Toutefois, la question des réfugiés et des migrants qui a fait l’objet de nos échanges, dès le début de cette session, appelle des réponses urgentes.

Nous savons pertinemment, que ce n’est ni par plaisir ni par gout du tourisme, que ces hommes et ces femmes risquent leurs vie dans la traversée périlleuse des mers et des océans. Ils fuient plutôt les guerres, la pauvreté et le mal-vivre.

Aussi, le thème de notre session, « Les objectifs de développement durable : force universelle de transformation du monde », vient-il à point nommé, car il nous permet d’envisager un développement durable à même de stabiliser les populations chez elles, pour ne bouger que par nécessité et en parfaite symbiose.

Ainsi, il appartient à notre organisation, donc à nous tous, de prendre les mesures immédiates, susceptibles d’endiguer les fléaux de la violence, résultat de l’extrémisme et du fanatisme de tout bord, qui aboutissent aux actes odieux et barbares que le monde entier en général, et notamment l’Afrique, est en train de vivre : le terrorisme qui n’a pas de frontières.

Les terroristes ne sont ni musulmans, ni juifs, ni chrétiens ni animistes. Ils n’appartiennent à aucune religion, à aucune civilisation. Ce sont des barbares.

Voilà pourquoi mon pays, l’Union des Comores, reste disponible, pour appuyer et accompagner toutes mesures allant dans le sens de la lutte contre ce fléau du terrorisme.

Monsieur le Président,

Il est très urgent que notre organisation, c’est-à-dire nous tous, trouvions enfin une solution définitive, juste et durable au conflit israélo-arabe sur la base de deux États et ce, conformément aux résolutions pertinentes de l’ONU.

Rien ne peut justifier notre silence face aux drames de ce conflit, avec son lot de victimes, entretenu par les extrémismes de tout bord et par notre inertie coupable.

Rien ne peut justifier l’arrogance de ceux qui, à cette même tribune, viennent défier le monde auquel ils s’adressent et narguer notre organisation commune, qui a pourtant reconnu depuis près de 70 ans, l’État au nom duquel ils s’expriment, cette même organisation, qui nous offre à tous, le cadre pour affirmer la souveraineté de nos propres États, contribuer à la marche du monde et rechercher pacifiquement des solutions aux problèmes qui l’assaillent.

Je voudrais pour ma part, renouveler la confiance que mon pays place en l’ONU, l’organisation qui a reconnu sa souveraineté et son indépendance et grâce à qui, il est représenté ici, depuis 41 ans.

Je reste ainsi persuadé qu’une solution au problème de la souveraineté du peuple palestinien et la résolution de ce vieux conflit de 70 ans, seront un catalyseur pour le règlement des autres conflits dans cette région du Proche et Moyen Orient.

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi, à ce stade de mon intervention, d’attirer respectueusement l’attention de notre Assemblée, sur la nécessité de faire la différence entre les migrations et le déplacement des populations sur leur propre territoire.

Dans mon propre pays, l’Union des Comores, dont la souveraineté a été reconnue ici même depuis 1975 sur les quatre iles qui la composent, il y’a évidemment, comme dans les autres pays, des mouvements nécessaires de la population qui s’effectuent à l’intérieur des iles et entre elles, y compris l’Ile de Mayotte, malheureusement encore sous Administration française.

Ces déplacement pour visiter la famille, assister à un mariage, à l’enterrement d’un proche ou pour tout autre raison, se transforment hélas, en drame au quotidien, et causent chaque année, chaque mois, des centaines de morts parmi nos concitoyens, dans le bras de mer entre les trois iles et Mayotte, dans l’indifférence de la communauté internationale.

Ainsi, Mesdames et Messieurs, la question de l’île comorienne de Mayotte, bien connue de cette assemblée qui lui a consacré pas moins de 15 résolutions depuis 1977, reste toujours d’actualité en 2016.

Nous espérons qu’avec votre soutien multiforme, une solution viable sera trouvée en parfaite harmonie entre les Comores et la France, deux pays qui ont un contentieux mais qui sont pourtant restés, deux pays restés amis et partenaires de longue date.

Je suis convaincu que le dialogue que j’ai initié avec le Président Chirac en 2005, poursuivi depuis par les Gouvernements comoriens et français successifs, aboutira à une solution pour ce contentieux désagréable entre amis et partenaires.

C’est par un dialogue franc, intelligent et respectueux des intérêts des uns et des autres et surtout conforme au Droit International, que nous parviendrons à épargner aux jeunes générations de français, de comoriens et de franco-comoriens, une situation sans issue et les préserver ainsi de la radicalisation et de l’extrémisme qui minent et déstabilisent de nombreuses régions du monde.

Monsieur le Président,

Les Nations Unies d’aujourd’hui, qui constituent le seul endroit où les peuples du monde peuvent envisager un avenir commun de paix et de prospérité partagée, sont également l’objet d’une immense attente, celle d’une institution qui assurerait la régulation du système international.

Or, l’ONU est de plus en plus ressenti comme inique ou inefficace, sur la question de la défense des droits des plus démunis par rapport aux puissants.

Aussi, l’Union des Comores est-elle en faveur d’une ample réforme de l’ONU, que bon nombre de pays appellent de leurs vœux, notamment pour permettre enfin à l’Afrique, plus spécifiquement, de disposer d’un siège permanent au sein du Conseil de Sécurité.

Nous pensons que le respect du droit international, de la souveraineté des États et de l’intégrité de leurs territoires, contribueront à plus de paix et de prospérité dans le monde.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

D’autres obstacles restent à surmonter pour réussir le développement durable.

Nous devons pour cela, éradiquer la pauvreté, protéger la planète et garantir la prospérité pour tous dans le cadre de notre agenda, dans les 15 prochaines années.

Pays insulaire en développement, l’Union des Comores veut faire du secteur privé et de la société civile en collaborations avec l’Administration, les moteurs de cette bataille afin de transformer la croissance économique, réelle en Afrique notamment, en perspectives d’emplois décents pour les jeunes, en amélioration des services, en développement de l’agriculture et en réduction des inégalités en termes de revenu, de genre et de milieu de résidence, afin de et faire face avec des chances de succès au problème émergent du changement climatique.

Monsieur le Président,

Je voudrais terminer par une note optimiste et, en revenant sur le thème des objectifs de développement durable, rendre hommage au Président de la République Française, Son Excellence Monsieur François Hollande et le féliciter pour la réussite de la COP21.

Son engagement et sa capacité de mobilisation ont permis la signature progressive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

Mon pays qui a signé l’accord, le soumettra pour ratification à la session parlementaire mois d’octobre prochain.

Par la même occasion, je souhaite bonne chance à Sa Majesté le Roi Mohamed VI dont le beau pays, le Maroc, accueillera en 2017 à Marrakech la COP22.

Avec la permission de Sa Majesté, mon Frère le Roi Mohamed VI, je vous invite tous à venir nombreux au Maroc à cette occasion, dans ce grand pays qui a amplement mérité d’abriter la COP22.

La réussite de ces Sommets de la COP contribue à réduire l’insécurité, facteur de déstabilisation de nombreuses régions de par le monde, particulièrement en Afrique dont les populations ont le plus recours aux migrations qui préoccupent le monde et auxquels nous avons consacré la première journée de la présente session.

En effet, le succès de la COP est un gage d’amélioration de la vie quotidienne ainsi qu’une contribution concrète à la prospérité commune et au bien-être des populations de la planète.

Je vous remercie.

Date parution: 
Vendredi, 23 Septembre, 2016 - 17:15
Source du communiqué: 
Secrétariat de la Présidence

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