Lundi 23 Octobre 2017

Transport aérien Int’Air Iles dans le collimateur de l’Anacm?

Transport aérien Int’Air Iles dans le collimateur de l’Anacm?
(Al-Watwan 25/07/17)

Pour le patron d’Int’Air Iles, la note publiée par la direction de l’aviation civile constitue la face cachée de l’iceberg. Depuis janvier 2017, leurs vols à destination de Madagascar constituent un interminable calvaire. «Il ne se passe pas une semaine sans que l’on ne nous mette des bâtons dans les roues avec la bénédiction du grand manitou».

Et c’est reparti pour un nouveau scenario ! Mais, cette fois-ci, c’est la compagnie Int’Air Iles qui est dans le viseur de l’Anacm. Le vendredi 14 juillet 2017, l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacm) a publié une note interdisant, à compter du 15 juillet 2017, les avions à type monomoteur classés en transport public, le droit de voler la nuit en Union des Comores, sauf autorisation spéciale ou cas de force majeure sous condition préalable. Pour le directeur général d’Int’Air Iles, Seffoudine Inzoudine, il s’agit d’un stratagème de l’Anacm, pour les empêcher de faire leur job correctement.

Deux pilotes qualifiés

Cette même note précise que, désormais, le vol direct entre l’Aéroport International Moroni Prince Saïd Ibrahim et l’Aéroport de Ouani est interdit pour ce type d’avions monomoteurs. Et pour faire le trajet Hahaya-Ouani, les aéronefs de type monomoteur devront longer l’île jusqu’au Sud de Ngazidja, se diriger vers l’île de Mwali, et c’est seulement après un contact radio qu’ils pourront router vers l’île de la Sellette et enfin l’aéroport de Ouani à Ndzuani.

Pour cette mesure, le directeur d’Int’Air Iles souligne que la route aérienne, préconisée par cette note, rallonge considérablement le temps de vol et donc le coût de la maintenance de l’aéronef. Il a fait part du Rac Ops 2.4.4 qui indique que

lorsqu’un avion terrestre monomoteur survole une étendue d’eau à une distance supérieure à celle à laquelle il peut atteindre la côte en vol plané, doit être doté d’un gilet de sauvetage pour chaque personne se trouvant à bord. Non seulement nos aéronefs monomoteurs sont équipés de gilets de sauvetage, mais également de canots de sauvetage ne constituant pas une exigence réglementaire. Il s’agit d’une exigence sécuritaire supplémentaire que nous avons mise en place au même titre que le 2ème pilote se trouvant à bord, nos aéronefs monomoteurs sont certifiés pour être pilotés par un seul pilote par le constructeur Cessna aux Etats Unis, explique longuement le patron d’Int’Air Iles. Selon lui, Int’Air Iles est la seule compagnie en Afrique qui fait du transport public en monomoteurs avec deux pilotes qualifiés.
Sur cette même note, il est interdit aux compagnies aériennes de faire des vols Ifr (des vols où les conditions météorologiques ne permettent pas de voir le sol par exemple quand il y a des nuages ou quand il fait nuit).

Le directeur qualifie cette exigence «d’aberration supplémentaire», car leurs avions sont équipés des technologies très avancées et font des vols Ifr aux Etats Unis, au Canada et en Europe. «Ceux qui s’intéressent aux avions peuvent faire des recherches sur la toile et trouveront que Finist’Air (compagnie française) utilise le même type d’appareil qu’Int’Air Iles et fait du transport public», précise-t-il.

Air Tanzanie dans l’inter-îles

Selon lui, la note publiée par la direction de l’aviation civile constitue la face cachée de l’iceberg. «Depuis janvier 2017, nos vols à destination de Madagascar constituent un calvaire. Il ne se passe pas une semaine sans que l’on ne nous mette des bâtons dans les roues avec la bénédiction du Grand Manitou», signale-t-il. Reste à savoir qui est le Grand Manitou…

Avant de dévoiler que l’Anacm avait sommé la compagnie de rendre l’A 320, au plus tard le 20 juillet 2017, comme ce fut le cas pour AB Aviation avec son Boeing 737. Pour ce faire, il a fait abstraction des définitions mises en place par le législateur et concernant l’immatriculation d’un aéronef.

Dans un communiqué publié dans nos colonnes, le vendredi dernier, l’Anacm a informé qu’à compter du 1er août 2017, la compagnie Air Tanzanie desservira l’île de Ndzuani et de Ngazidja à partir de Dar Es Salam, deux fois par semaine, avec un avion de type Bombardier DASH 8-Q400 de 76 places.

Courant du mois d’août l’avion desservira également l’île de Mwali. On se souvient de la fameuse lettre de la direction générale de l’Aviation civile française bloquant l’exploitation par Int’Air Iles de la ligne Moroni-Dzaoudzi et Pierrefonds pour des raisons de “cabotage”. Et aujourd’hui, l’aviation civile comorienne vient d’autoriser Air Tanzanie à se prêter à ce même exercice dans le ciel comorien sous les yeux doux du ministère des Transports. N’y a-t-il pas anguille sous roche ? Il faudrait sans doute demander à Ali Zamir, auteur du roman à succès du même nom.

Lors d’un entretien, la semaine dernière, le secrétaire général à la vice-présidence chargée du ministère des Transports, Salim Dahalani, a confirmé l’arrivée très prochainement de la compagnie Kenyane, Blue Sky, pour assurer le transport inter-îles.

Quand on pose la question au directeur technique de la sécurité des vols, Nassure Ben Ali, pour connaitre la raison de telles mesures en cette période précise, il répondra que ces dispositions existent déjà dans les certificats d’exploitation des compagnies aériennes.

Allant plus loin pour connaitre les raisons de cette négligence de la part de l’Anacm, il imputera la responsabilité aux commandants de bord des compagnies aériennes. «Tous ce qu’on vient de demander sont inscrits dans le certificat d’exploitation, et chaque compagnie aérienne en possède. Il ne faut pas polémiquer là où il n’y a pas lieu de le faire», laisse-t-il entendre. Il est tout de même bizarre que l’Aviation civile ne se soit souvenue de ces mesures que maintenant qu’il est presque sûr que des compagnies étrangères viendront assurer la liaison entre les îles. Ou mille et une façons de tuer l’émergence si chère au chef de l’Etat.

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