Vendredi 15 Décembre 2017

Salime Mahamoud, ministre des Sports : “Nous avons ouvert les portes aux fédérations et au Comité olympique pour aider le sport comorien”

Salime Mahamoud, ministre des Sports : “Nous avons ouvert les portes aux fédérations et au Comité olympique pour aider le sport comorien”
(Al-Watwan 08/08/17)

Dans l’entretien qui suit, le ministre des Sports nourrit l’espoir que toutes les instances sportives adhéreront à son projet de relance, tous azimut, du sport comorien. Sa technique : ouvrir toutes ses portes aux fédérations et au Comité olympique national pour qu’ensemble avec le gouvernement, on crée un nouvel dynamisme au service du sport. Il s’étend, particulièrement, sur son projet phare d’organiser un championnat national pour les disciplines collectives dès 2019.

Quelques semaines après votre nomination au ministère des Sports, des fédérations sportives nationales semblent séduites par votre méthode…

Je ne crois pas, comme vous dites, avoir séduit des fédérations. Mais je me réjouis, cependant, d’avoir gagné leur confiance pour, sans doute, avoir fait le premier pas vers elles pour m’imprégner de leur situation et de leurs aspirations.
Nous avons organisé une réunion durant laquelle tout le monde a pu s’exprimer, présenter sa discipline et ses problèmes. Je pense aussi que mes années passées à la tête du Commissariat national, au début des années 2000, a quelque chose à voir avec cette nouvelle attention qu’on porte sur le sport.

J’avais des projets dont peu ont été réalisés malgré mes ambitions, aujourd’hui je reviens avec le même dynamisme au service du sport comorien, à travers une politique qui sera communément tracée entre les techniciens du ministère et les responsables des fédérations. J’espère que toutes, comme elles me l’ont fait comprendre, adhéreront à ce projet. Nous n’avons fait aucun miracle, nous avons tout simplement ouvert toutes les portes aux fédérations et au Comité olympique national pour aider le sport comorien.

Vous devez être bien imprégnés du conflit entre les fédérations et le Comité national olympique. Comment comptez-vous aider à sortir de cette situation ?

Plusieurs responsables des fédérations et du Comité nationale olympique se sont exprimés et proposés des solutions à leur différend et nous avons pu voir un peu plus clair dans ce problème. Je pense que nous devons nous appuyer sur leurs statuts pour apaiser et remédier cette crise de longue date.
Pour ce faire, nous allons commencer par assainir les fédérations, notamment celle de handball. Sans plus de collaboration, de complicité et de dialogue entre nous, on ne peut pas mettre en place une politique nationale digne de ce nom.

Nous attendons, d’ici peu, les dossiers justifiant les reconnaissances de leurs fédérations internationales, leurs récépissés de création émis par le ministère de l’Intérieur, les derniers procès-verbaux de leurs dernières assemblées générales électives et leurs règlements intérieurs. Ensuite, on se réunira, tous, le 4 septembre prochain pour évaluer et apprécier ces documents avant d’aviser.

Vous pensez organiser des championnats nationaux au lieu des traditionnels régionaux qui précèdent une phase nationale réduite à quelques formations dès 2019. Comment espérez-vous réussir ce pari avec les maigres moyens des clubs locaux ?

Nous proposons aux communes, par exemple, d’abriter, chacune, une équipe uniquement. Nous avons trente équipes aux Comores pour un championnat amateur d’un petit pays de moins d’un million d’habitants. En comparaison à cela, il y a vingt clubs professionnels en Ligue 1 française pour une population d’environ 67 millions d’âmes. On se crée nous-mêmes ces problèmes financiers.

Si, aujourd’hui, les fédérations des jeux collectifs adhèrent à ce projet, on peut avancer pour le concrétiser en 2019. Le gouvernement dispose d’un budget de 3 milliards de francs pour appuyer le sport et la construction des infrastructures. Si on le veut, on y arrivera, avec son soutien.

Les Comores se positionnent candidates pour l’organisation des jeux des îles en 2021. Est-ce que vous le confirmez et par quels moyens le gouvernement espère-t-il relever ce défi ?

Nous espérons organiser les jeux de 2021. La réussite de ce projet dépend d’un bon fonctionnement des championnats locaux. Il faut qu’on soit prêt sportivement. Ce qui n’a jamais été le cas jusqu’ici. Certaines disciplines restent sans activités et ne disposent pas des athlètes capables de défendre dignement les couleurs du pays. Si le football progresse, c’est parce qu’il y a ces expatriés qui poussent l’équipe vers le haut. C’est mieux mais il faut pouvoir compter sur des capacités locales.

Nous serons prêts aussi pour l’édition 2021, si ont peut compter sur des infrastructures dignes de ce nom. On a des stades de football aux dimensions internationales. En mai 2019, on aura celui d’athlétisme. On peut espérer d’ici là disposer d’une piscine olympique et d’au moins un gymnase.

Nos amis chinois, qui construisent le stade de Maluzini, disent qu’il pourrait y avoir un reliquat de 6 milliards. On peut déjà nous appuyer sur cela pour démarrer le projet de la piscine. Le projet du groupe Armada sur le site de Galawa sera un de nos solutions pour ce qui est de l’hébergement.

Des fédérations ne sont plus actives depuis belle lurette. Que faudra-t-il faire ?

Il nous faudra au moins dix disciplines actives pour espérer organiser des jeux des îles. Il faut que ces fédérations soient dans les règles aussi bien sur le plan national qu’international. Ces fédérations doivent comprendre qu’elles ne seront réellement des fédérations que lorsqu’elles seront actives.

Des fédérations, comme celle de la lutte, ne sont ni visibles ni connues. Il appartient à leurs responsables de se ressaisir afin de les rendre crédibles. L’Etat est disposé à les aider à condition qu’elles soient en règles et actives.

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