Mercredi 25 Avril 2018

Mayotte: Marine Le Pen appelle à "un bras de fer" avec les Comores

Mayotte: Marine Le Pen appelle à "un bras de fer" avec les Comores
(AFP 22/03/18)
La dirigeante du parti français d'extrême droite Front national, Marine Le Pen

La dirigeante du parti français d'extrême droite Front national, Marine Le Pen, a appelé jeudi sur une radio mahoraise à "un bras de fer" avec les Comores qui refusent de récupérer leurs compatriotes clandestins à Mayotte", île française de l'océan Indien, selon des propos retranscrits sur Twitter.

"Les Comores refusent de récupérer leurs compatriotes clandestins à Mayotte. Dans le quart d'heure, l'ambassadeur des Comores devrait être convoqué par les dirigeants français pour demander des explications", a déclaré la présidente du Front national, qui s'est exprimée sur Radio Kwezi.

Mercredi soir, les Comores ont renvoyé vers Mayotte un bateau qui devait accoster sur leur île d'Anjouan avec à son bord une centaine d'immigrants clandestins expulsés à leurs yeux illégalement par la France, a-t-on appris auprès des autorités.

Le Gombessa, un navire battant pavillon comorien avec 93 passagers en grande majorité Comoriens, s'est présenté mercredi en fin de journée devant le port de Mutsamudu, a constaté un journaliste de l'AFP. Mais les autorités locales lui ont refusé d'accoster sur ordre du gouvernement de Moroni, qui a publié une circulaire interdisant le retour sur son territoire des expulsés de Mayotte.

Après deux heures de blocage, le navire a été sommé de repartir et a repris la direction de Mayotte, a indiqué la capitainerie du port de Mutsamudu.

Les Comores, archipel de l'océan Indien composé de quatre îles (Grande-Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte), ont proclamé leur indépendance de Paris en 1975, mais Mayotte a décidé de rester dans le giron de la France.

Depuis, Moroni revendique la souveraineté sur ce département français et s'oppose aux expulsions de ses ressortissants.

Depuis un mois, l'île de Mayotte est paralysée par un mouvement de contestation sociale contre l'insécurité et l'immigration clandestine en provenance des Comores, dont le produit intérieur brut (PIB) par habitant est 13 fois plus faible.

Selon Marine Le Pen, "s'il faut faire un bras de fer avec les Comores, eh bien faisons un bras de fer ! Quand va-t-on enfin défendre nos propres compatriotes face à un comportement inadmissible des Comores ? Notre faiblesse est une incitation à ce type de comportement", a-t-elle estimé.

Mme Le Pen a également passé "un message personnel à chaque Mahorais: nous ressentons ce que vous ressentez, nous sommes terrifiés de voir ce que vous vivez, et nous ferons tout pour vous sortir de cette situation !".

Selon elle, "les mesures prises actuellement ne sont pas à la hauteur".

Chaque année, quelque 20.000 personnes sont renvoyées de Mayotte vers l'archipel comorien.

Le ministre comorien des Affaires étrangères Mohamed Soeuf Elamine a dénoncé dimanche dernier la responsabilité de l'insécurité à Mayotte sur les autorités françaises qui conduisent, a-t-il dit, des "expulsions illégales manu militari".

Le gouvernement français s'est engagé à renforcer la lutte contre l'immigration irrégulière, notamment en multipliant ces derniers jours les opérations de contrôle.

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