Mercredi 25 Avril 2018

L'insécurité à Mayotte, conséquence des expulsions "manu militari" de migrants (Moroni)

L'insécurité à Mayotte, conséquence des expulsions "manu militari" de migrants (Moroni)
(AFP 19/03/18)
Le ministre comorien des Affaires étrangères Mohamed Soeuf Elamine

Le ministre comorien des Affaires étrangères Mohamed Soeuf Elamine a rejeté la responsabilité de l'insécurité à Mayotte sur les autorités françaises qui conduisent des "expulsions illégales manu militari".

L'île française de Mayotte est paralysée depuis près d'un mois par un mouvement de contestation sociale contre l'insécurité et l'immigration clandestine en provenance de l'Etat pauvre des Comores, à 70 km de là.

Mohamed Soeuf Elamine a "refusé" samedi soir que les Comoriens soient tenus "responsables de l'insécurité" à Mayotte.

"L'insécurité est la conséquence des expulsions illégales manu militari" menées par les autorités françaises, a-t-il estimé. "Des enfants abandonnés après l'expulsion de leurs parents deviendront forcément des délinquants. A qui la faute ?", a-t-il ajouté devant la presse.

Mayotte subit une forte pression migratoire des îles voisines des Comores, où le produit intérieur brut (PIB) par habitant est 13 fois plus faible.

Chaque année, quelque 20.000 personnes sont renvoyées de Mayotte.

"Aujourd'hui, c'est la rue qui gouverne à Mayotte", a encore dénoncé le ministre, qui s'est entretenu samedi avec l'ambassadrice de France aux Comores Jacqueline Bassa-Mazzoni.

"La France, qui a temporairement les clés de Mayotte, doit nous les remettre et se retirer, nous saurons gérer. Il n'y a qu'à voir le calme qui règne ici", a-t-il ajouté.

Les Comores, archipel de l'océan Indien composé de quatre îles (Grande-Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte), ont proclamé leur indépendance de Paris en 1975, mais Mayotte a décidé de rester dans le giron de la France. Depuis, Moroni revendique la souveraineté sur ce département français.

Cette semaine, les autorités françaises ont annoncé avoir "éloigné du territoire" de Mayotte 192 clandestins. "Nous n'accepterons pas les expulsions", a encore déclaré le chef de la diplomatie comorienne, dénonçant des "contradictions" dans le discours de la France "championne des droits de l'Homme, mais qui les bafoue à Mayotte".

"La clé de la crise mahoraise est à Paris, pas à Moroni", a conclu Mohamed Soeuf Elamine.

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