Mercredi 20 Septembre 2017

Dissidents de l'Aid El-kabir : douze mois de prison

Dissidents de l'Aid El-kabir : douze mois de prison
(Al-Watwan 11/09/17)

Suite à cette décision du tribunal, le procureur de la République a confié à la presse que les droits des prévenus ont été respectés, chacun a pu s’expliquer. «Ils n’ont pas été condamnés parce qu’ils ont fait la prière, mais parce qu’ils se sont opposés à une décision émanant des autorités».

Douze mois d’emprisonnement, dont deux mois fermes, pour les imams et hatub, et six autres mois de prison, dont un mois ferme, pour les participants à la prière, sont les peines infligées aux 20 «dissidents de l’Aïd El Kabir». Rendue publique, le samedi 9 septembre, cette décision est assortie d’une peine pécuniaire de 250 mille francs, pour les condamnés à un an, et cent mille francs, pour ceux qui écopent la peine de six mois.

Sur cette décision, le tribunal a prononcé une peine sursitaire pour un prévenu très malade et la relaxe au profit de Youssouf Hamidou, en soutenant que la prévention n’était pas établie. Poursuivis pour atteinte à la cohésion sociale et à l’unité religieuse, les prévenus ont devant le juge reconnu les faits qui leurs sont reprochés.

Cette décision, tant attendue par les proches des prévenus, a été accueillie comme une douche froide. Pas un mot, ni commentaire. Amina Saïd, qui tôt le matin avait fait part de son envie de faire une déclaration à la presse, s’est trouvée soudain muette et a fini par chuchoter, «deux mois d’emprisonnement c’est lourd, mon oncle ne pourra pas supporter».

Quant à un autre proche, sans décliner son identité, son amertume est dirigée vers la justice qu’il qualifie «d’injuste». De son côté, Me Youssouf M’sa, un des avocats assurant la défense, le tribunal a pris ses responsabilités en sanctionnant les prévenus, qui ont reconnu les faits, au delà des réquisitions du parquet.

Nous estimons que le tribunal a voulu envoyer un message clair pour le reste de la population et de notre intérêt commun à sauvegarder la cohésion nationale et l’unité religieuse du pays.

Dans son intervention, Me Youssouf M’sa a soutenu que cette décision ne prend pas «assez» en compte certaines personnalités, notamment les jeunes majeurs qui ont suivis le mouvement et certaines personnes très âgées pour lesquelles le tribunal aurait dû accorder des circonstances atténuantes.

«Mes confrères et moi allons nous concerter pour étudier les possibilités d’exercer les voies de recours que nous offre la loi». A son tour, Me Saïd Issa, un autre avocat de la défense, a soutenu devant une foule désespérée que dès lundi, je vais déposer une demande de mise en liberté provisoire qui va être statuée par la chambre d’accusation le mardi, car c’est le seul moyen d’obtenir leur liberté.
Suite à cette décision, au cours d’un entretien accordé à la presse, le procureur de la République a soutenu que les droits des prévenus ont été respectés, chacun a pu s’expliquer. «Ils n’ont pas été condamnés parce qu’ils ont fait la prière, mais parce qu’ils se sont opposés à une décision émanant des autorités ».

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