Samedi 16 Décembre 2017

Crises à l’Université : l’ensemble des corps de l’institution à pied d’œuvre pour trouver un remède

Crises à l’Université : l’ensemble des corps de l’institution à pied d’œuvre pour trouver un remède
(Al-Watwan 10/08/17)

De disette financière à une gestion décriée en passant par une année universitaire toujours en suspens, l’Université des Comores (Udc) traverse cette année, l’année la plus compliquée de son existence. Une situation qui a le mérite d’unir l’ensemble des corps de l’institution. Ces derniers ont, en effet, entamé un atelier de réflexion dans le but d’élaborer un document devant être soumis au gouvernement pour une éventuelle sortie de crise.

Chaque mardi, depuis deux semaines et jusqu’à la semaine prochaine, les élus des différents composants et corps de l’Université des Comores (Udc) se réunissent en atelier de réflexion à l’Institut de formation des enseignants et de recherche en éducation (Ifere).

Ces séances hebdomadaires ont pour objet de faire le bilan de la situation qui prévaut à l’Université, tracer des pistes de sortie de crise. Et à l’issue de ces séances de réflexions, le document qui en sortira sera présenté au gouvernement.

Selon le secrétaire général du Syndicat national des enseignants de l’Udc (Sneuc), Hassane Youssouf, le gouvernement a un plan à mettre en application d’où ces ateliers afin d’anticiper leur action politique. Pour le secrétaire général du syndicat, la “volonté du gouvernement consiste à insérer les agents de l’université dans le système de Gestion intégrée des structures et des effectifs (Gise)”.

De son point de vue, inséré les agents du gouvernement dans la Gise est une manière de saboter sciemment l’autonomie de l’université d’autant plus qu’ils “nous ferons revenir à l’ancienne grille indiciaire avec tout ce que cela implique comme répercussion”. Inquiète de la tournure des événements, le syndicaliste craint d’une éventuelle mesure du gouvernement à

exiger le paiement du droit d’inscription à la Trésorerie générale en lieu et place du compte de l’université domicilié à la Snpsf.

Entrave aux textes en vigueur

Si cela venait à se concrétiser “les recettes de l’université siégeraient donc au Trésor public et tout mouvement devra donc passer par là-bas. Ce qui constituerait une entrave à l’autonomie et aux textes qui régissent l’université”.

Dans ses déclarations, le secrétaire général du syndicat dit reconnaitre que la gestion de l’Udc n’est pas exempte de tout reproche mais bafouer son autonomie n’est pas la solution.
Selon-lui la solution dans ce cas présent serait “de suivre les recommandations du rapport de l’audit et de renforcer le contrôle financier”.

On notera que ledit rapport n’est toujours pas officiel. A en croire le syndicaliste, le ministre de l’Education nationale nomme “plusieurs dirigeants de l’université, c’est donc à lui de mettre de l’ordre en plaçant les bonnes personnes”.

Aussi, six des 24 membres du conseil d’administration de l’Udc émaneraient du gouvernement. “Nous souhaitons la transparence, la bonne gouvernance et le changement mais dans le respect des textes. Si le gouvernement veut s’accaparer de l’université et en faire une société d’Etat, il doit au préalable changer les textes.

A ce moment là, ceux qui voudront rester le feront et pour les autres ils pourront toujours se retirer”, martèle Hassane Youssouf. Après avoir fait le constat de la situation, approfondi les discussions, la rencontre de mardi prochain devrait aboutir à la finalisation des propositions qui seront soumises au gouvernement.

En attendant, le vendredi 15 septembre prochain aura lieu l’Assemblée générale devant servir à évaluer le respect ou non du Protocole d’accord du 11 février dernier. De là pourrait émaner l’attitude à adopter pour les prochains mois.

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