Mercredi 26 Juillet 2017

Marcel de Souza: ouvrir la Cédéao au Maroc, «prolonger l’ouest jusqu’au nord» ?

Marcel de Souza: ouvrir la Cédéao au Maroc, «prolonger l’ouest jusqu’au nord» ?
(RFI 08/03/17)
Le président de la commission de la Cédéao, Marcel de Souza.

Le président de la commission de la Cédéao, Marcel de Souza, de passage à Paris pour les Entretiens Eurafricains animés par Claude Fischer-Herzog, est l’invité de RFI. Il révèle que Yahya Jammeh ne bénéficie d'aucune immunité judidicaire de la part de la communauté internationale. Le n°1 de la Commission économique des Etats d'Afrique de l'Ouest s'exprime aussi sur la demande d'adhésion du Maroc et le blocage politique en Guinée Bissau pour laquelle il lance un quasi ultimatum.

RFI : Marcel de Souza, la démocratie a triomphé en Gambie et c’est un grand succès pour la Cédéao. Mais est-ce qu’on n’est pas passé tout près de la guerre ?

Marcel de Souza : Non, on n’a jamais eu l’intention d’aller faire la guerre. Nous avons d’abord privilégié la démocratie et jusqu’à l’ultime médiation, c’était toujours le dialogue. Mais nous étions sûrs que si on n’avait pas fait la pression militaire également en quadrillant Banjul sur terre, sur mer et dans les airs, nous n’étions pas certains que Yahya Jammeh aurait accepté de partir. Et donc dès qu’on a fini ce boulot, le 20 février, les troupes de la coalition de la Cédéao sont reparties sur Dakar et nous avons fait maintenir 500 pour trois mois – 50 du Ghana, 200 venant du Nigeria et 250 venant du Sénégal – et dont la Cédéao prend la direction et après nous allons voir. Mais il faudrait reformer la défense - l’armée gambienne - dans la mesure où toute l’armée était constituée uniquement des soldats qui sont de l’ethnie de Yahya Jammeh et donc ça ne nous sécurise pas. Et nous allons instaurer un système de rapport mensuel pour suivre de très près comment la sécurisation continue. Jusqu’à présent, on découvre toujours des dépôts d’armes à des endroits surtout dans les zones de Kanilaï. Et donc il va falloir sécuriser entièrement Banjul, voir la quantité d’armes qui a été découverte à State House – c’est-à-dire la présidence – où allons-nous mettre ces armes ? Et donc nous allons en discuter avec le ministre de la Défense qui a été nommé et ensuite voir comment les aider pour avoir un dépôt digne de ce nom pour sécuriser ces armes.

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