Jeudi 26 Avril 2018

Le Cap-Vert s'oppose à l'implantation d'un centre de formation des forces de sécurité

Le Cap-Vert s'oppose à l'implantation d'un centre de formation des forces de sécurité
(AFP 20/03/18)
Le Premier ministre du Cap-Vert, Ulisses Correia e Silva.

Le gouvernement du Cap-Vert a mis son veto à la création dans l'archipel d'un "centre africain de formation dédié aux forces de sécurité" qui, selon ses promoteurs privés, aurait dû ouvrir en 2020.

Le projet "Orbit Training Center" (OTC), dévoilé en février, "ne va pas avancer", a indiqué cette semaine à l'AFP un membre du gouvernement s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Selon un communiqué officiel, le gouvernement a décidé de ne "pas autoriser" la création de ce centre, qui selon ses promoteurs aurait eu une superficie de 2,5 km2 et dont le coût de construction aurait avoisiné les 125 millions de dollars.

En outre, le Cap-Vert "a décidé de ne pas fournir le soutien institutionnel demandé par des investisseurs privés externes pour promouvoir et mobiliser le financement du projet", selon ce communiqué diffusé la semaine dernière.

Dans un précédent communiqué au début du mois, le gouvernement avait affirmé ne pas encore avoir pris de décision sur ce dossier.

Dans la présentation du projet en février, les promoteurs affirmaient pourtant disposer du "soutien du gouvernement cap-verdien" et assuré que leur centre de formation serait doté du "statut de zone franche".

Mais l'annonce du projet dans la presse a ému l'opinion cap-verdienne, certains craignant que l'archipel, situé au large du Sénégal, ne devienne une cible d'attentats, comme d'autres pays d'Afrique de l'Ouest, en particulier le Malio, le Niger, le Burkina Faso ou la Côte d'Ivoire.

Ce dernier pays doit d'ailleurs accueillir en septembre un centre international de formation à la lutte antiterroriste, voulu par les présidents français Emmanuel Macron et ivoirien Alassane Ouattara.

Les responsables de l'OTC avaient pour ambition d'accueillir des stagiaires "venant principalement du continent africain" et issus de la police, de l'armée, des forces spéciales, des douanes, des eaux-et-forêts, de la protection civile, ou encore des sapeurs-pompiers, pour des formations allant du tir de combat à la lutte contre la cybercriminalité.

Les promoteurs, dans leur communication, n'indiquent pas qui sont les sociétés ou personnalités impliquées dans le projet.

Début mars, l'hebdomadaire cap-verdien A Naçao a rapporté qu'il était le fruit d'une collaboration entre la société américano-israélienne Nibor Enterprises et d'un spécialiste cap-verdien du conseil en sécurité et défense, la société Compétences.

Parmi les actionnaires de Compétences se trouve notamment un expert ivoirien en cybersécurité, Stéphane Charles Henri Konan, selon la même source.

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