Vendredi 15 Décembre 2017

Cameroun: trois personnes, dont deux policiers, tuées en zone anglophone

Cameroun: trois personnes, dont deux policiers, tuées en zone anglophone
(AFP 01/12/17)

Trois personnes, dont deux policiers, ont été tuées dans le sud-ouest anglophone du Cameroun dans la nuit de mercredi à jeudi lors d'une attaque attribuée à des séparatistes présumés, a-t-on annoncé de sources concordantes.

"Deux policiers ont été assassinés (cette nuit) dans la région du sud-ouest à un poste frontalier", a déclaré à l'AFP Issa Tchiroma Bakary, porte-parole du gouvernement, qui en a attribué la responsabilité à des séparatistes anglophones.

De sources sécuritaire et administrative, on indique "qu'un assaillant" a été tué par un militaire lors de l'assaut.

"Un autre policier et un militaire ont été blessés" pendant l'attaque, a déclaré M. Tchiroma. Une équipe mixte de policiers et militaires procédait à "des contrôles et fouilles de routine" lorsque des "assaillants ont surgi de la pénombre" pour ouvrir le feu, a expliqué le porte-parole du gouvernement.

"Les assaillants étaient une quinzaine. Un soldat a réussi à abattre l'un d'eux lors de l'attaque", a rapporté un militaire.

Selon cette source, l'assaillant tué est un Camerounais de "25 ans" originaire de la région anglophone du Nord-Ouest.

Selon une source policière dans la région, l'attaque a eu lieu à Otu, une localité située dans le même département où quatre militaires du bataillon d'infanterie motorisé (BIM), une unité de l'armée camerounaise, ont été abattus par balles dans la nuit de mardi à mercredi. Le gouvernement a aussi attribué leur mort aux sécessionnistes.

La mort de deux policiers porte à dix le nombre de membres des forces de sécurité camerounaises tués dans les régions anglophones en moins d'un mois.

"Le gouvernement est conscient de la multiplication des attaques" contre les forces de sécurité, a commenté M. Tchiroma. "Le gouvernement sera jugé par les actions qu'il posera pour faire face à cette situation. Le gouvernement n'a pas à révéler sa stratégie, mais nous devons agir pour protéger l'intégrité territoriale de notre nation, l'intégrité physique de nos populations, la libre circulation et la protection de leurs biens".

Dans une déclaration à la radio d'Etat, le même porte-parole a reconnu une "escalade de la violence particulièrement dirigée contre ceux-là même à qui la République a confié la défense de l'intégrité territoriale (...)" du pays.

La sécurité dans les régions anglophones du Cameroun, en proie à une grave crise socio-politique depuis un an, s'est considérablement dégradée en quelques semaines. Depuis novembre 2016, la minorité anglophone du Cameroun - environ 20% des 23 millions d'habitants - proteste contre sa marginalisation, certains exigeant le fédéralisme, d'autres la sécession. Le régime de Yaoundé rejette ces deux options.

A mesure que les autorités camerounaises ont accru la pression sécuritaire et la répression des manifestations séparatistes, les rangs des sécessionnistes se sont étoffés ces derniers mois, en même temps que se sont multipliés les incidents, faisant craindre, selon observateurs et analystes, l'émergence d'une "insurrection armée" dans l'ouest anglophone du pays, frontalier du Nigeria.

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