Jeudi 21 Septembre 2017

Cameroun: rentrée scolaire timide dans les régions anglophones touchées par la crise communautaire

Cameroun: rentrée scolaire timide dans les régions anglophones touchées par la crise communautaire
(Xinhua 05/09/17)

BAMENDA (Cameroun), (Xinhua) -- Après trois mois de vacances, les écoles secondaires camerounaises ont rouvert lundi leurs portes sur tout le territoire national.

Alors que des embouteillages se forment dans les rues avoisinant les collèges et les lycées de la capitale Yaoundé, certaines écoles publiques de Bamenda, dans la région du Nord-Ouest, n'ont reçu aucun élève.

Centre de la colère de la population anglophone depuis octobre dernier, la ville de Bamenda a accueilli lundi plusieurs hauts responsables des autorités camerounaises venus encourager les parents à renvoyer leurs enfants dans les écoles après une année scolaire fantôme.

La ministre camerounaise de l'Education de base, Youssouf Hadidja Alim, y a fait le tour de plusieurs écoles. Accompagnée par des militaires du Bataillon d'intervention rapide (BIR), contingent d'élite de l'armée camerounaise, la ministre s'est notamment rendue à St. Bridgit Bilingual School pour encourager les enfants à poursuivre leur scolarité.

Des responsables du ministère camerounais des Enseignements secondaires ont assisté à la rentrée au lycée bilingue de Downtown, où quelque 250 élèves avaient bravé l'appel à la grève.

Pourtant, les choses étaient moins optimistes dans certains autres établissements. C'est le cas du Sacred Heart College de Mankon, où les enseignants étaient introuvables et où peu d'élèves se sont présentés. A Baptist College de Nken, le primaire ainsi que le secondaire ont été presque désertés.

Chemo Dieudonné Sama est le père de quatre enfants, dont trois étaient scolarisés au Baptist College de Nken. Il n'a pas encore inscrit ses enfants et attend de voir l'évolution de la situation actuelle. N'ayant pas eu la chance de poursuivre ses études, ce père a indiqué à Xinhua qu'il redoutait de voir ses enfants suivre ses pas à cause de la "crise anglophone", et qu'il avait dû jouer le rôle de répétiteur pour que ses enfants maintiennent leur niveau depuis la rupture scolaire débutée en octobre dernier.

Hormis certaines écoles vides, la vie tournait au ralenti à cause du mouvement "ville morte". Les boutiques étaient ainsi fermées dans les quartier commerciaux, où seuls des motos taxi et des véhicules personnels circulaient. Autour de plusieurs écoles, la présence de la police et des gendarmes a été constatée. Selon la presse locale, près de 1.300 gendarmes ont été déployés dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pour sécuriser la rentrée scolaire.

Dans son message écrit en français et en anglais publié lundi dans le journal officiel Cameroon Tribune, le ministre camerounais des Enseignements secondaires Jean Ernest Ngalle Bibehe a déclaré qu'il avait choisi comme thème de la rentrée de cette année scolaire "les enseignements de seconde génération pour la formation de citoyens aptes à promouvoir le bilinguisme, le multiculturalisme et le vivre-ensemble".

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