Mardi 21 Novembre 2017

Armes chimiques : le risque d'utilisation reconnu au Cameroun, l'aide de l'OIAC promise

Armes chimiques : le risque d'utilisation reconnu au Cameroun, l'aide de l'OIAC promise
(Xinhua 15/09/17)

YAOUNDE, (Xinhua) -- Le directeur général de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), Ahmed Üzümcü, a promis lors d'une visite mercredi à Yaoundé l'aide de son organisme pour aider à la prévention de l'utilisation de ces armes au Cameroun, où la menace terroriste due à Boko Haram fait planer selon lui un tel risque.

Cinq ans après son apparition au Nigeria, le groupe armé connu sous le nom d'organisation de l'Etat islamique pour l'Afrique de l'Ouest a ciblé le Cameroun par des raids armés et des attentats suicides. A ce jour, le bilan fait état de près de 2.000 civils et environ 200 soldats tués.

Aux yeux de Salomon Eheth, directeur de l'Institut des relations internationales du Cameroun (IRIC), cette menace terroriste fait craindre le risque de voir des personnes aux intentions maléfiques se procurer des armes chimiques à des fins criminelles, comme cela a été décrié dans le cadre de la guerre en Syrie.

M. Üzümcü, de nationalité turque, a confirmé cette inquiétude en indiquant que Boko Haram représente un danger susceptible de provoquer cet usage, d'où la nécessité de renforcement des capacités et d'équipement de laboratoires scientifiques pour prévenir ce risque, lors d'une conférence tenue mercredi à l'IRIC.

Ces deux activités figurent parmi les priorités de l'OIAC dans ses efforts en vue de l'élimination des armes chimiques. Depuis 2006, cet organisme onusien basé à La Haye aux Pays-Bas a signé avec l'Union africaine (UA) un mémorandum d'entente prévoyant l'établissement de points focaux au sein de chaque région du continent pour le suivi de la mise en œuvre des décisions en la matière.

Le diplomate turc annonce aussi un projet d'élaboration d'un programme d'assistance technique pour des laboratoires en Afrique. Aux pays du continent dont le Cameroun, il recommande transformer les opportunités offertes par les applications pour en faire un instrument au service non pas du mal mais de leur développement technologique et industriel, et de la paix.

Avec d'autres régions du monde, ce continent devra en outre bénéficier de la coopération de l'OIAC pour la mise en place de centres de prévention de la fabrication et de l'utilisation des armes chimiques. Son dirigeant général a cependant invité les différents pays à voter des législations nationales concourant à l'atteinte de cet objectif.

Parmi les 52 pays africains membres de l'OIAC, le Cameroun a ratifié en 1996 la Convention sur l'interdiction des armes chimiques, adoptée par les Nations unies quatre ans auparavant. Depuis lors, il reçoit une assistance technique de l'organisme mondial pour le compte de quelques laboratoires universitaires.

Reçu mercredi par le Premier ministre camerounais, Philemon Yang, Ahmed Üzümcü a rassuré quant à l'intensification de cette coopération dans le cadre de la guerre contre Boko Haram.

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