Dimanche 25 Juin 2017

Le Cameroun, recordman africain de la plus longue déconnexion volontaire

Le Cameroun, recordman africain de la plus longue déconnexion volontaire
(Jeune Afrique 20/04/17)

Depuis trois mois, les deux régions anglophones du pays n’ont plus d’accès à internet. Une décision gouvernementale prise au nom de « l’ordre public » alors que la zone est en proie à des manifestations.

Le 17 avril, cela fera quatre-vingt-dix jours que les deux régions occidentales du Cameroun sont privées d’accès à internet. Une situation aussi pénible pour les ménages – qui représentent 22 % de la population du pays – que pour les entreprises du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Par cette coupure, les autorités entendent endiguer la propagation des velléités sécessionnistes des régions anglophones, dissuader les appels à rassemblement, mais aussi rendre impossible la circulation d’images montrant les brutalités policières exercées contre les avocats ou les étudiants qui manifestent depuis novembre 2016 pour dénoncer la marginalisation des populations anglophones.

Certes, le calme est peu à peu revenu depuis l’interruption des rassemblements, en mars, mais les opérations « ville morte » se poursuivent dans les commerces et les écoles. La situation n’est donc pas jugée suffisamment stable par le gouvernement pour ordonner le rétablissement d’internet. La ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, s’est contentée d’inviter les populations déconnectées à la « patience ».

Au quotidien, ce long isolement numérique aura engendré des perturbations notables. « J’ai vu des gens agglutinés sur un pont parce qu’à cet endroit précis les smartphones parvenaient à se connecter, relate Franck Fokam, le patron d’un fournisseur d’accès qui se trouvait en mission, mi-mars, à Bamenda et à Buéa. C’est donc là qu’ils viennent quelques minutes, le temps de télécharger leurs e-mails, avant de repartir. »

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