Mercredi 13 Décembre 2017

Commercial Bank Cameroon: les employés mécontents de la gestion de l’administrateur provisoire

Commercial Bank Cameroon: les employés mécontents de la gestion de l’administrateur provisoire
(La Nouvelle Expression 06/09/13)
Commercial Bank Cameroon: les employés mécontents de la gestion de l’administrateur provisoire

D’après divers témoignages, Martin Luther Njanga Njoh excelle dans de choix qui ralentissent plutôt la sortie rapide de la crise. C’est sous le sceau de l’anonymat que plusieurs employés de la Commercial Bank Cameroon (Cbc) s’expriment. Personne ne veut s’afficher. De peur de faire l’objet des «représailles». Globalement, c’est un sentiment de mécontentement quasi-généralisé. Concrètement, c’est la gestion de l’administrateur provisoire (Ap), en poste depuis novembre 2009, qui dérange. Le premier grief relevé est la «gabegie» de l’Ap. Ici, les employés se plaignent de que Martin Luther Njanga Njoh dépense un peu trop pour les honoraires des avocats et autres conseils de la Cbc. «Ces honoraires sont astronomiques», soutiennent-ils, sans malheureusement donner quelques cas concrets. «Il (Njanga Njoh : Ndlr) a engagé l’entreprise dans de procès qui coûtent très chers, avec de fortes sommes d’argent qui sont régulièrement versées aux avocats au titre d’honoraires. Pour une entreprise qui est sous administration provisoire, nous pensons que ce n’est pas normal», soulèvent les plaignants. Toujours dans le chapitre des dépenses, les employés mécontents se plaignent aussi du salaire de l’Ap qu’ils jugent «trop élevé». «Nous estimons que 12 millions de Fcfa par mois, c’est trop ! », tranchent-ils. Non sans mentionner une litanie d’avantages dont bénéficient les enfants de Njanga Njoh. «Pour une banque qui doit sortir de l’Ap, de telles dépenses ne sont pas de nature à faciliter les choses», arguent-ils. Ce n’est pas tout. Les affectations «fantaisistes» constituent le second grief. «Njanga Njoh fait la pluie et le beau temps dans cette banque. Même s’il fait quoi, il faut seulement accepter. Même si c’est un choix qui est contre productif. Tu parles, il t’affecte lors de Douala pour avoir des mains libres», apprennent nos informateurs.

Climat social

«Le climat social s’est fortement dégradé dans cette entreprise. A cause de cette manière de gérer, plusieurs de nos collègues sont allés chez les concurrents », ajoutent-ils. Pour ces employés, il ne fait l’ombre d’aucun doute que c’est Martin Luther Njanga Njoh qui « ne veut pas que cette banque sorte de l’administration provisoire». «Il multiplie des actions qui visent à ralentir le processus. Tous les efforts sont pratiquement sabotés », relèvent-ils, en interpellant les pouvoirs publics.Descendu à la direction générale de la Cbc, pour avoir la version des faits de l’Ap au sujet de toutes ces accusations, il nous a été dit qu’il était « hors du pays ». Joint au téléphone, Martin Luther Njanga Njoh a abrégé la conversation, en nous apprenant qu’il se trouvait effectivement à «l’étranger». Difficile donc de confirmer ou d’infirmer ces différentes d’accusations. Par décision D-2009/2004 du 2 novembre 2009, la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) a placé la Cbc sous administration provisoire et nommé Martin Luther Njanga Njoh, administrateur provisoire de ladite banque pour une période de six mois allant jusqu’au 5 mai 2010. La conséquence immédiate de cette décision était la mise en berne des organes sociaux traditionnels de cette société anonyme, que sont le Conseil d’administration et la Direction générale. Depuis cette date, a indiqué l’ex-ministre des Finances (Minfi),Essimi Menye, dans un communiqué, «le mandat de l’administrateur provisoire a été régulièrement prorogé, pour permettre la poursuite du redressement de la banque». Par arrêté signé le 28 janvier 2013, l’actuel Minfi, Alamine Ousmane Mey, a placé en restructuration cette banque créé par le milliardaire Victor Fotso. Selon Alamine Ousmane Mey, cette restructuration devait s’effectuer dans un délai de 3 mois, suivant le plan adopté par les actionnaires de l’entreprise au terme du conseil d’administration extraordinaire du 10 mai 2012.

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