Cameroun - coupure internet : "ce n'est pas de gaieté de coeur que le gouvernement prive les populations d'internet" - ministre de la Communication | Africatime
Jeudi 27 Avril 2017

Cameroun - coupure internet : "ce n'est pas de gaieté de coeur que le gouvernement prive les populations d'internet" - ministre de la Communication

Cameroun - coupure internet : "ce n'est pas de gaieté de coeur que le gouvernement prive les populations d'internet" - ministre de la Communication
(AfricaNews 20/04/17)
Issa Bakary Tchiroma, le ministre camerounais de la Communication

Environ trois mois et toujours pas d’internet dans les régions anglophones du Cameroun. Les régions du nord-ouest et du sud-ouest qui sont entrées dans un bras de fer avec le gouvernement sont privées de cet outil de communication.

Si au départ, le gouvernement avait évité toute communication sur le sujet, il reconnaît aujourd’hui qu’il s’agit d’une stratégie afin de ne pas laisser prospérer la crise. Confidence faite par Issa Bakary Tchiroma, le ministre camerounais de la Communication lors d’un entretien téléphonique avec Africanews.com.

“Le gouvernement est parfaitement conscient de la situation, de l’impact d’internet sur nos populations et celles du nord-ouest et sud-ouest”, avance-t-il d’entrée. L’inquiétude du gouvernement, avouera-t-il, c’est la “menace que fait peser l’utilisation de cet outil par les sécessionnistes, ceux-là qui veulent briser notre nation (…) par des hommes qui propagent la haine, le rejet de l’autre”.

Pour l’heure, pas question d’aborder la crise sous l’angle de sa durée dans le temps. Le ministre camerounais de la Communication se veut clair, “aussi longtemps que la menace demeure, le gouvernement qui a la responsabilité de protéger l’intégrité territoriale de notre nation, continuera de prendre des mesures qui s’imposent, même si le gouvernement a à cœur le retour à la normale”.

Entre intérêts économiques et intégrité territoriale, le choix est vite fait

Et cela, même si le gouvernement est bien conscient des conséquences économiques qu’implique cette crise pour la région anglophone, notamment à Buea, considéré comme la Silicon Mountain camerounaise. “S’il faut choisir entre les conséquences économiques et la menace que l’utilisation de cet outil fait peser – parce que je peux vous dire, c’est la menace la plus grande à laquelle notre nation fait face – le gouvernement n’hésitera pas un instant à poser l’acte qu’il a posé dans l’intérêt de la protection territoriale de notre nation”, défend le ministre.

Courant 2016, les populations des régions anglophones du Cameroun ont entamé un mouvement de contestation parti des revendications des enseignants et des avocats. Ces derniers dénonçaient l’imposition du français dans leurs systèmes éducatif et juridique et accusaient le gouvernement de les marginaliser. Très vite, le mouvement s’est mué en revendication politique avec en ligne de mire, la fédération ou la sécession pour certains, des régions anglophones.

Sur ce dernier point, le gouvernement n’entend en aucun cas lâché du lest. Bien au contraire, les principales figures de la contestation sont poursuivies, notamment pour “terrorisme”. Le dialogue, pour l’instant, ne semble pas être une option. “Nous sommes un état de droit. Quand on porte atteinte aux droits de la république, il va s’en dire que dès lors que personne n’est au-dessus de la loi, chacun répond donc des actes conflictuels qu’il a posés, au regard de la loi.”

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