Mercredi 13 Décembre 2017

Cameroun : comment éviter la fracture  francophone-anglophone?

Cameroun : comment éviter la fracture  francophone-anglophone?
(Jeune Afrique 12/10/17)

La colère gronde dans les deux provinces qui ont symboliquement proclamé leur indépendance le 1er octobre. Elle a pris de court la classe politique traditionnelle. Du côté du pouvoir comme de l’opposition, les « durs » tiennent le haut du pavé.

Il n’y a toujours pas un chat dans les rues de Bamenda dans le nord-ouest du Cameroun. Des patrouilles de l’armée vont et viennent sur des avenues désertes. Les banques et les commerces gardent leurs rideaux baissés. L’épicentre de la révolte anglophone a des apparences de ville abandonnée. Le 1er octobre, la proclamation symbolique d’indépendance a été violemment réprimée par les forces de l’ordre : 10 morts selon le gouvernement, 17 selon Amnesty international, 100 selon le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac). Depuis, plus rien ne bouge, comme si le pays était saisi de tétanie. « Il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre, assure un avocat. Rien ne peut bouger tant qu’il n’est pas rentré. »

« Il », c’est le président camerounais, Paul Biya. Il a quitté son pays le 17 septembre pour se rendre à l’Assemblée générale de l’ONU, puis s’est envolé en Suisse pour un séjour privé. Le 6 octobre, à l’heure où nous écrivions ces lignes, il n’était toujours pas rentré, et rien ne filtrait de l’hôtel genevois où le chef de l’État a ses habitudes – un établissement dont les activistes de la diaspora aiment de temps à autre perturber la tranquillité.

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