Mercredi 13 Décembre 2017

Au Cameroun, la crise anglophone divise les évêques

Au Cameroun, la crise anglophone divise les évêques
(La Croix 12/10/17)
Manifestation à Bamenda, ville anglophone du nord-ouest du Cameroun, le 22 septembre 2017.

Les violences qui ont secoué, le 1er octobre, l’extrême ouest du Cameroun, anglophone, à la suite de la déclaration symbolique d’indépendance de cette région, ont suscité différentes réactions au sein de l’épiscopat du pays.

La crise anglophone continue d’agiter le Cameroun, où les prises de position sur le sujet se succèdent. Peu après la répression des manifestations organisées dans l’extrême ouest du pays en marge d’une déclaration symbolique d’indépendance de ces régions de langue anglaise, ayant causé plusieurs morts, les évêques locaux étaient montés au créneau de manière particulièrement vive.

La province épiscopale de Bamenda, qui couvre cette zone, avait ainsi dénoncé une volonté de « génocide » et « d’épuration ethnique », accusant les forces de l’ordre mandatées par l’État « d’usage irresponsable d’armes à feu contre des civils désarmés ». Une partie de la presse camerounaise n’a pas tardé à accuser ce groupe d’évêques de complaisance envers les « terroristes », leur reprochant de ne pas avoir suffisamment dénoncé les actes de vandalisme d’une partie de la population anglophone.

Une prise de position que la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC) semble avoir souhaité nuancer dans les jours suivants. Interviewé par Radio France internationale (RFI), dimanche 8 octobre, son président, Mgr Samuel Kleda, a condamné toute violence, tout en appelant à l’unité. « Personne n’a le droit de tuer, a-t-il souligné. Quand nous disons que nous dénonçons la violence, c’est parce qu’il y a eu des morts. Nous dénonçons cela avec la dernière énergie. C’est sûr que les conditions se radicalisent mais il faut voir l’intérêt du pays ! Dans notre lettre, nous avons appelé à l’unité ».

Depuis novembre 2016, la minorité anglophone, qui représente environ 20 % des 23 millions de Camerounais et 2 régions sur 10, proteste contre ce qu’elle appelle sa « marginalisation » dans la société. C’est l’envoi de professeurs francophones dans cette région par l’État central qui a mis le feu aux poudres. Certains anglophones exigent le retour au fédéralisme. Une minorité réclame même la partition du Cameroun. Deux scénarios que refuse catégoriquement Yaoundé, qui avait déployé d’importantes forces de sécurité en amont des manifestations prévues dans ces régions.

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