Jeudi 23 Novembre 2017

Le café burundais connaît une mévente sur le marché international à cause de la baisse des cours mondiaux

Le café burundais connaît une mévente sur le marché international à cause de la baisse des cours mondiaux
(Xinhua 08/11/17)

Le café burundais connaît actuellement une mévente sur le marché du café international, particulièrement au niveau de la bourse de New York suite à la baisse des cours mondiaux du café, a révélé mardi au cours d'une interview accordée à Xinhua l'ingénieur agronome burundais Jean de Dieu Mutabazi, directeur général de l'Agence de régulation de la filière café du Burundi (ARFIC-Burundi).

M. Mutabazi a indiqué qu'actuellement, les cours mondiaux du café oscillent autour de 1,26 dollar, alors qu'ils oscillaient autour de 1,74 dollar à la même période en 2016, avant de faire remarquer que la grande production des pays d'Amérique du Sud est à la base de cette chute des cours mondiaux du café.

"Ainsi, pour l'édition 2017, sur un total de plus de 16.000 tonnes de café marchand, les exportateurs burundais de cette culture industrielle ont seulement déjà vendu 6.048 tonnes de café pour un maigre montant de 20 millions de dollars (environ plus de 35 milliards de francs burundais), alors que les intérêts des crédits bancaires contractés affichent sans cesse une courbe ascendante", a-t-il déploré.

Pour atténuer cette situation, le directeur général a recommandé aux exportateurs burundais du secteur de diversifier leurs acheteurs pour éviter la dépendance sur les clients traditionnels.

Pour lui, une synergie nationale des différents intervenants dans la filière du café via notamment une étroite coopération entre l'ARFIC, la Banque de la République du Burundi (BRB) et l'Office burundais des recettes (OBR), ainsi que d'autres intervenants dans cette filière, doit être enclenchée en donnant un coup d'accélérateur aux procédures administratives liées au processus de mise à l'export, afin de "maintenir la confiance des acheteurs et ainsi éviter au café burundais de courir le risque de décote".

Dans ce cadre, a-t-il signalé, pour les cafés qui ne sont pas encore sous contrat de vente, la procédure de vente aux enchères sera enclenchée à partir du début de la semaine et matérialisée chaque mercredi.

Principal culture industrielle d'exportation, le café burundais représente actuellement près de 60 à 70% de la valeur des exportations totales burundaises par an.

M. Mutabazi a révélé que la production actuelle par an tourne autour de 15 mille tonnes de café alors qu'au cours des années 1980 elle pouvait atteindre le double.

Pour relever ce défi inhérent à la baisse de la production caféière, a-t-il affirmé, le gouvernement burundais en partenariat avec la Banque mondiale, a déjà mis en place une "stratégie de relance du secteur caféicole" couvrant la période 2015-2021 pour un montant de 81,2 millions de dollars.

Les principaux axes de réformes envisagées, a-t-il indiqué en outre, portent notamment sur l'augmentation de la productivité, l'extension du verger et l'augmentation de la qualité de café.

Le café représente près de 60% des recettes d'exportation du Burundi, devant le thé et les activités minières.

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