Mercredi 13 Décembre 2017

Burundi : « Comment rendre justice lorsque l’État est l’instigateur des crimes ? »

Burundi : « Comment rendre justice lorsque l’État est l’instigateur des crimes ? »
(Jeune Afrique 23/11/17)
Manifestation au Burundi

Il y a un mois, la Cour pénale internationale a autorisé l'ouverture d'une enquête sur de possibles crimes commis au Burundi entre avril 2015 et octobre 2017. Ancien haut fonctionnaire international, intellectuel burundais engagé, David Gakunzi livre ici sa vision de la situation du pays, de l'impact de cette décision de la CPI et de la réaction des chefs d'État de la région.

Depuis avril 2015, le Burundi va très mal : discours de haine, arrestations arbitraires, actes de torture, disparitions forcées, exécutions extrajudiciaires, femmes martyrisées jusque dans leur intimité avant d’être retrouvées, les corps jetés comme des détritus. Des actes inhumains d’une extrême gravité largement documentés par les organisations internationales de défense des droits de l’homme et commis par des membres des forces de sécurité et des jeunes miliciens Imbonerakure.

Exigence de justice

Recouvrir ces crimes d’un voile pudique et ne pas traduire devant les tribunaux leurs auteurs au nom de l’impératif de réconciliation nationale, serait jeter hors histoire les victimes et hypothéquer l’avenir du Burundi en instituant ainsi l’extrême violence comme acte légitime, moral et naturel de gouvernance.

Mais comment rendre justice lorsque le recours à la justice locale semble inenvisageable, l’État n’étant plus le protecteur du droit mais l’instigateur des crimes en question ? Comment faire lorsque les autorités de Bujumbura interrogées sur des cas précis de torture, de disparition, de viols, de meurtres répondent systématiquement par la même pirouette : « L’affaire est en cours d’examen » ?

Recourir à la justice internationale ? Se tourner vers la Cour pénale internationale compétente en matière de crimes internationaux et offrant aux victimes la possibilité de déposer plainte, produire des éléments de preuve, se porter partie civile et être entendues comme témoins ?

C’est la démarche finalement choisie et engagée par les victimes burundaises avec l’aide d’un collectif d’avocats, démarche qui vient d’aboutir à l’autorisation par les juges de l’ouverture d’une enquête du Tribunal de La Haye sur les crimes contre l’Humanité commis depuis avril 2015.

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