Dimanche 10 Décembre 2017

Burundi : «Ce qui se passe à Arusha n’est pas un dialogue, c’est un monologue !»

Burundi : «Ce qui se passe à Arusha n’est pas un dialogue, c’est un monologue !»
(Jeune Afrique 28/11/17)
Pancrace Cimpaye, porte parole du Cnared

Le Conseil national pour le respect de l'Accord d'Arusha (Cnared), principale plateforme de l'opposition, a décidé de boycotter la quatrième session du dialogue interburundais, qui doit se tenir en Tanzanie du 27 novembre au 8 décembre.

La quatrième session du dialogue entre le gouvernement burundais et l’opposition s’est ouverte à Arusha, ce 27 novembre, sous l’égide de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC). Elle est présentée par l’équipe du facilitateur tanzanien Benjamin Mkapa comme l’ultime rencontre du genre avant la signature d’un accord et le retour des discussions au Burundi.

Pour la première fois depuis 2015, le gouvernement burundais sera représenté à la table des négociations. L’opposition intérieure milite pour que ces négociations se poursuivent en Tanzanie. Mais la principale plateforme d’opposition, le Cnared, dont les principaux leaders sont en exil, sera absente de la rencontre. Elle reproche à la facilitation de ne pas l’avoir nommément invitée. En conclave à Bruxelles, le Cnared a adressé un courrier au facilitateur, le 27 novembre, pour lui exprimer son « indignation par rapport aux manipulations autour de ce processus » et demander le report de la session afin de préparer un dialogue « plus inclusif ». Pancrace Cimpaye, porte parole du Cnared, répond aux questions de Jeune Afrique.

Jeune Afrique : Pourquoi refusez-vous de participer à la rencontre qui se tient actuellement à Arusha ?

Pancrace Cimpaye : Le Cnared a boycotté les pourparlers parce que sous la pression de Bujumbura, la facilitation a refusé, contrairement aux promesses qui avaient été faites, d’inviter formellement notre plateforme. Ce qui est une aberration car dans une négociation, ce n’est pas la partie adverse qui compose la délégation de l’autre groupe.

Dans une lettre adressée au facilitateur le 21 novembre, plusieurs organisations de la société civile réclamaient des garanties concernant la sécurité des opposants au dialogue en Tanzanie. Celle-ci n’était-elle pas assurée lors des précédentes rencontres ?

Au niveau sécuritaire, il y a effectivement des préoccupations du côté de l’opposition. Le 21 octobre 2017, quatre leaders de l’opposition ont été arrêtés par la police tanzanienne. Parmi eux, le général major Jérémie Ntiranyibagira et le lieutenant-colonel Edouard Nshimirimana. Depuis ce jour, ils sont portés disparus. Malgré de nombreuses correspondances adressées au gouvernement tanzanien pour nous aider à les localiser, il y a un silence total sur ce dossier. Le leader du parti MSD (Mouvement pour la solidarité et le développement) a été arrêté à Dar-es-Salam ainsi que plusieurs autres leaders de l’opposition, dont moi, qui avons été arrêtés à l’aéroport et renvoyés d’où nous étions venus.

Pourquoi la rencontre de l’opposition avec le facilitateur, qui était programmée pour ce week-end, a-t-elle été annulée ?

Nous n’avons aucune explication. C’est l’une des raisons qui font que le Cnared a des difficultés à comprendre l’organisation de ces discussions. Il avait été convenu qu’avant chaque session, il y aurait une réunion de préparation et de consultation avec la facilitation. Cette réunion était prévue les 17 et 18 novembre à Helsinki. Le Cnared avait déjà désigné une délégation pour s’y rendre. Mais à la dernière minute, nous avons appris que la facilitation avait décidé d’annuler unilatéralement cette rencontre, sans aucune explication.

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