Mercredi 13 Décembre 2017

Bujumbura s’attaque au rapport de l’ONU

Bujumbura s’attaque au rapport de l’ONU
(Iwacu 16/09/17)
Philippe Nzobonariba taille en pièces le rapport de Fatsah Ouguergouz.

Il s’active depuis la sortie du rapport de la commission d’enquête. Le gouvernement le qualifie de partial, manipulé et orienté politiquement. Serait-ce suffisant pour échapper à la CPI ?Acculé par la commission d’enquête de l’ONU, Bujumbura est sous tension. De graves accusations telles que ‘crimes contre l’humanité ont été lâchées.’ Les hautes autorités du pays, jusqu’au président de la République sont impliquées. La commission demande à la Cour pénale internationale d’enquêter. La pilule est difficile à avaler. Le pouvoir a sorti l’artillerie lourde. Les sorties médiatiques se sont enchaînées cette semaine. Lors de la dernière en date, le secrétaire général et porte-parole du gouvernement, Philippe Nzobonariba, a déclaré que « la commission vient de montrer son agenda caché. »

Il accuse la commission d’avoir confectionné son rapport sur base de témoignages de Burundais en exil. « Ceux-là même impliqués dans la perturbation du pays.» Autre accusation d’après le gouvernement : la commission assure qu’elle n’a pas approfondi ses enquêtes mais affirme pourtant avoir des motifs raisonnables de croire que des crimes contre l’humanité ont été commis.

La liste des griefs est longue notamment le fait que cette commission ait affirmé que des atteintes aux droits de l’Homme aient été commises par l’opposition, bizarrement, ‘celles-ci se sont néanmoins avérées difficiles à documenter’. Fort peu convaincant, tranche Philippe Nzobonariba qui parle « Des faits et crimes relevés perpétrés en pleine journée, sous la couverture des caméras des journalistes étrangers, surtout occidentaux.»

Bujumbura retient son souffle

De ces crimes, le porte-parole du gouvernement cite 10 exemples. Cela va notamment de la tentative de lynchage d’un homme du nom d’Olivier Nkundabashaka à l’assassinat d’une jeune fille du nom de Jacqueline Hakizimana à Musaga après avoir subie un viol collectif. Des grenades lancées en plein centre-ville. « Et d’autres cas qualifiés ailleurs d’actes terroristes, mais que vous ne trouverez nulle part dans le rapport déposé par la Commission. »

Selon Philippe Nzobonariba, les conclusions du rapport qui demandent à la CPI d’enquêter sur le Burundi viennent lui fournir des preuves que cette Commission a été créée pour mettre en marche la Cour Pénale Internationale. Le Burundi s’est retiré de la cour à cause de la politisation constatée des rapports sur lesquels se base la CPI pour se lancer.

En conclusion, le gouvernement demande au Conseil de Sécurité des Nations Unies de ne pas tenir compte des recommandations de la commission.

Bujumbura retient donc son souffle. Le Conseil des droits de l’Homme va statuer sur le Burundi le 18 de ce mois. La Cour pénale internationale a quant à elle jusqu’à ce 27 octobre pour statuer.

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