Samedi 25 Novembre 2017

Bujumbura, prochaine cible de la CPI ?

Bujumbura, prochaine cible de la CPI ?
(Iwacu 11/09/17)
La patronne de la CPI, Fatou Bensouda, interpellée par la commission d’enquête de l’ONU pour enquêter sur le Burundi.

La Commission d’enquête de l’ONU a rendu son rapport, ce lundi 4 septembre. Elle demande à la Cour pénale internationale d’enquêter sur les crimes contre l’humanité commis dans ce pays. La commission évoque « un plan organisé dans la poursuite d’une politique commune.» Il s’agit d’une attaque généralisée et systématique contre la population civile. Ce qui laisse croire que des crimes contre l’Humanité sont commis au Burundi depuis avril 2015. Exécutions extrajudiciaires, arrestations arbitraires, disparitions forcées, tortures, traitements inhumains ou dégradants et de violences sexuelles. La liste des exactions est longue.

Selon la commission, « de grandes décisions, y compris celles qui ont débouché sur les violations graves des droits de l’Homme, seraient prises non par le gouvernement, mais par le président de la République ainsi qu’un cercle restreint de généraux. »

Le président de cette commission, Fatsah Ouguergouz cible également des responsables au plus haut niveau de l’Etat, des officiers supérieurs et agents du corps de défense et de sécurité ainsi que les jeunes du Cndd-Fdd, les Imbonerakure. Selon lui, ces présumés auteurs ont connaissance de ce plan. A voir leurs fonctions dans l’appareil sécuritaire de l’Etat ou leur endoctrinement au sein du Cndd-Fdd. Dans le collimateur de cette force destructrice sont notamment cités les membres du parti MSD, FNL et les anciens militaires et les ex-Fab.

Pour arriver à ces conclusions, la Commission s’est rendue notamment dans les pays voisins du Burundi. Au total plus de 500 entretiens ont été collectés. Elle demande toutefois plus de coopération jusqu’ici refusée par le gouvernement.

Parmi les recommandations de la commission, des sanctions individuelles contre les principaux auteurs présumés par le Conseil de sécurité. A cet effet, la commission a produit une liste secrète, non exhaustive de ces suspects. Celle-ci sera confiée au Haut-Commissaire aux droits de l’Homme.

La Cour pénale internationale est quant à elle mandée d’ouvrir une enquête sur le Burundi, depuis avril 2015. Date marquant le début des manifestations contre la candidature du président Nkurunziza. Le putsch manqué ainsi que les attaques contre quatre installations militaires sont des éléments décisifs dans l’escalade de la violence en 2015.

Bujumbura rejette un rapport « biaisé »

Le gouvernement burundais a de son côté rejeté ce rapport. Le ministre des droits de l’Homme, Martin Nivyabandi a évoqué un rapport biaisé qui ne tient pas en compte une nette amélioration de la situation. La ministre de la Justice, Aimé-Laurentine Kanyana a pour sa part assuré qu’il n’est rien que la CPI puisse faire mieux que les juridictions burundaises. L’Assemblée nationale a quant à elle décidé d’une commission chargée d’enquêter sur les allégations du rapport.

En tout cas, s’il faut engager les poursuites, la CPI n’a qu’un mois pour se lancer. Le Burundi s’est retiré de la Cour pénale internationale le 27 octobre 2016. Son retrait définitif se fera le 27 octobre prochain.

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