Samedi 18 Novembre 2017

Burkina: la justice veut entendre l’ex-Premier ministre Isaac Zida

Burkina: la justice veut entendre l’ex-Premier ministre Isaac Zida
(AFP 29/10/17)

La justice burkinabè souhaite entendre l’ex-Premier ministre, Isaac Zida, sur la répression de l’insurrection populaire d'octobre 2014, qui avait fait 33 morts, a annoncé vendredi la procureure du Burkina Faso, Maiza Sérémé.

Lors de cette insurrection, qui a abouti à la chute du président Blaise Compaoré, après 27 ans au pouvoir, M. Zida était le numéro deux du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), la garde prétorienne du régime.

Selon la justice, M. Zida était alors le chef des opérations du RSP, était celui qui "donnait les instructions" aux militaires pendant l’insurrection populaire, pendant laquelle 33 personnes ont été tuées et plus de 600 blessées par la répression des forces de sécurité, selon le bilan officiel.

"Une demande d’entraide judiciaire" a été envoyée aux autorités canadiennes pour "entendre le général Zida", a indiqué la procureure dans un communiqué transmis à l'AFP. Les juges d’instruction souhaitent que les autorités canadiennes leur permettent de se rendre au Canada pour "procéder eux-mêmes aux auditions".

Isaac Zida s'était emparé du pouvoir le 1er novembre 2014, au lendemain de la chute de M. Compaoré.

Après de fortes pressions des partis politiques, de la société civile et de la communauté internationale, M. Zida avait cédé le pouvoir au bout de trois semaines à Michel Kafando, un ancien diplomate à la retraite qui l'avait aussitôt nommé Premier ministre.

Après la fin de la période de transition politique, M. Zida a rejoint sa famille au Canada, en janvier 2016.

Le Régiment de sécurité présidentielle a été dissous au lendemain d'une tentative de coup d'Etat en septembre 2015.

A ce jour, les juges d’instruction ont inculpé et écroué 17 personnes pour "tentative de meurtre, assassinat, coups et blessures volontaires" dans le dossier de la répression des manifestations d'octobre 2014, a indiqué la procureure.

Tous les membres du dernier gouvernement de Blaise Compaoré sont poursuivis devant la Haute cour de justice pour "complicité d'homicide volontaire et blessures volontaires", pour avoir participé au Conseil extraordinaire des ministres du 29 octobre 2014 au cours duquel ils avaient décidé de faire appel à l'armée pour réprimer les manifestants.

Leur procès, ouvert en avril, a été suspendu à la suite d’une requête en inconstitutionnalité sur le double degré de juridiction déposée par des avocats de la défense.

Début juillet, le Parlement a réformé la Haute cour de justice pour garantir "un procès équitable".

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