Mardi 12 Décembre 2017

Retour volontaire de la Libye de 154 migrants burkinabè dont 7 femmes

Retour volontaire de la Libye de 154 migrants burkinabè dont 7 femmes
(Burkina24 20/04/17)

154 migrants burkinabè dont 7 femmes et quelques enfants en situation de retour volontaire de la Libye sont arrivés à Ouagadougou ce mercredi 19 avril 2017. Ils ont été accueillis à l’aéroport international de Ouagadougou par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM Burkina Faso) ainsi que des structures étatiques. Déception, indignation mais aussi soulagement se lisaient sur le visage de la plupart des migrants.

Les 154 migrants accueillis à Ouagadougou présentent un profil de jeunes âgés entre 17 et 35 ans. Il s’agit d’une jeunesse essentiellement originaire du monde rural.

« A Tripoli, vraiment, c’est pas facile. Les situations, ça ne va pas du tout. Je suis revenu parce que ça ne va pas. On nous maltraitait. Il y a trop de braqueurs et de voleurs. On nous fatigue tout le temps.

Si tu veux sortir pour aller travailler, ils vont t’arrêter sur la route et te dire de donner tel ou tel papier. Pourtant, ce ne sont pas les papiers ils veulent vérifier. Ils te disent que c’est l’argent eux ils veulent. Tu peux aller même travailler pour quelqu’un et en fin de compte, il ne te paye pas. En tout cas, j’ai remarqué que mon pays est mieux que la Libye.

Quand j’étais au pays, je faisais mon petit commerce. J’ai dit comme ça ne marche pas, je vais aller à l’aventure. J’ai su après que mon petit commerce était mieux ». Ceci est un aveu de Guinko Idrissa, l’un des 154 migrants retournés volontairement.

Il a passé un an en Libye. « Un an d’enfer », dit-il avant de confier avoir été victime de racisme : « Si tu es peau noire là-bas, tu n’es rien. Tu es comme un mouton pour eux, comme une source de richesse. Parce que là où tu pars seulement, on te vend. On appelle ta famille pour réclamer de l’argent contre ta libération (entre 500.000 et 600.000 F CFA) ».

Mardoché Bassolé, un autre migrant, regrette également son aventure. « On voulait traverser la Mer méditerranée, mais on a fait un échec. Il y a même eu des morts (13 morts dans un conteneur) parmi nous (plus de 300 personnes).

On partait au bord de l’eau pour embarquer le Zodiac pour aller sur l’Italie. Ça n’a pas marché. On nous a enfermés en prison en Libye. Je ne conseille pas à mes amis d’aller là-bas parce que ce n’est pas un bon pays. Nous regrettons beaucoup », relate Bassolé qui dit avoir fait 7 mois en Libye.

Environ un millier de Burkinabè en Libye toujours en attente de retour volontaire…

« Là-bas, on n’est pas tranquille. On ne peut pas sortir. La vie était très difficile », ajoute une jeune migrante du nom de Salimata Yabré accompagnée de ses deux enfants.

Pour Abdel Rahmane Diop, le Chef de Bureau de l’OIM Burkina Faso, il y a plusieurs personnes qui sont en situation de détention de manière arbitraire, qui n’arrivent pas à avoir accès à leur salaire après avoir travaillé, qui sont brimés ou tout simplement victimes d’un certain nombre d’abus.
Abdel Rahmane Diop, le Chef de Bureau de l’OIM Burkina Faso.

Raison pour laquelle, selon lui, le programme « Aide au retour volontaire et à la réintégration » est à disposition sur la base de la volonté des Etats.

« Je saisis l’occasion pour montrer qu’on a un gouvernement burkinabè qui est vraiment préoccupé par le sort de ses ressortissants à l’étranger qui nous saisit et nous, on intervient pour offrir la possibilité à ceux qui ne peuvent plus ou qui ne veulent plus rester en Libye de revenir au Burkina Faso », explique-t-il.

Concernant le volet de la réintégration, Abdel Rahmane Diop fait savoir que les ressources sont limitées.

Il lance un appel à l’ensemble des partenaires financiers de l’OIM et de l’Etat burkinabè pour la mobilisation des ressources nécessaires à la couverture de la totalité de ceux qui rentrent de manière volontaire.

« Pour le moment, il n’y a que 20% des 154 migrants qui vont avoir accès à cette réintégration qui sont justement des activités génératrices de revenus (laissées à libre choix) afin d’éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets », indique-t-il.

Dès lors que les migrants accueillis seront installés dans leurs villages respectifs, ils reviendront au Bureau de l’OIM et exprimeront leur volonté d’activité. Certains pourraient décider de faire l’agriculture, l’élevage, d’autres pourraient choisir la menuiserie ou le commerce.

A en croire le Chef de Bureau de l’organe onusien au Burkina Faso, au jour d’aujourd’hui, il y a environ un millier de Burkinabè en Libye qui sont en attente de retour volontaire.

Il faut noter que l’OIM, dans sa mission, ne fait pas de retour forcé. Les rapatriements ne sont pas de l’ordre de son mandat. Le programme « Aide au retour volontaire et à la réintégration » est offert aux Etats afin d’éviter les cas de rapatriements. Comme l’indique l’organisation, les migrations ordonnées, sures et respectueuses de la dignité humaine profitent à tous.

Egalement : Politique d’immigration : Retour volontaire de 133 migrants Burkinabè de la Libye

Noufou KINDO

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