Mercredi 20 Septembre 2017

Rapport 2016 du REN-LAC : les FDS épinglées

Rapport 2016 du REN-LAC : les FDS épinglées
(Le Pays 11/09/17)

Le Réseau national de Lutte anti-corruption (REN-LAC) a organisé, pour la énième fois, un panel sur le thème suivant : «Corruption et lutte contre l’insécurité et le terrorisme : rôle et responsabilité des différents acteurs ». C’était le vendredi 8 septembre 2017, dans la salle de Conférences du Conseil burkinabè des chargeurs (CBC) à Ouagadougou et ce, en présence des différents acteurs qui interviennent dans la lutte contre la corruption et l’insécurité.

Il était 15h 51mn quand le modérateur du panel, Mahamadi Sawadogo, professeur de philosophie à l’Université Ouaga I Pr Joseph Ki-Zerbo et membre scientifique du réseau national anti-corruption, a demandé à l’assistance une minute de silence pour les victimes des dernières attaques terroristes. Il a par la suite planté le décor en ces termes : « A l’intérieur du thème, il y a deux notions qui apparaissent et qui me semblent centrales. Ce sont les notions de corruption et de terrorisme. Deux raisons justifient le choix ô combien pertinent du thème : d’une part, les résultats des enquêtes du REN-LAC sur l’état de la corruption au Burkina Faso, qui ont permis de savoir que certaines Forces de défense et de sécurité (FDS) se retrouvent en position importante parmi les acteurs considérés comme les acteurs les plus corrompus dans notre société au cours de l’année 2016 et d’autre part, la récurrence des attaques terroristes au Burkina Faso. En effet, le terrorisme a évolué dans le temps pour prendre plusieurs formes telles que le terrorisme d’Etat, le terrorisme des différentes forces politiques comme celui de l’ultragauche et de l’extrême droite. Si le terrorisme actuel se caractérise de façon générale par son extension mondiale grâce aux réseaux sociaux, Mahamadi Sawadogo pointe du doigt la relation avec les différents circuits de pratiques illicites pour ce qui est de notre région». Mais pour Dr Claude Wetta, Secrétaire exécutif du REN-LAC qui s’est appesanti sur l’état des lieux de la corruption au Burkina Faso, « la question du classement intrigue plus d’un. Et ceci avec juste raison, car selon les conclusions des rapports de 2016 sur les services les plus corrompus au Burkina Faso, les FDS occupent le premier rang et mieux encore, la quatrième place occupée par la gendarmerie qui, jadis, était moins corrompue, laisse plus d’un enquêteur sur sa soif ». Pour lui, la situation peut se justifier par la confiance que la population accorde aux forces de l’ordre mais aussi par leur revenu salarial relativement insuffisant. Parmi les conséquences de la corruption, Dr Claude Wetta a cité l’érosion de la confiance, la circulation des terroristes, l’émergence de nouveaux acteurs dans le domaine de la sécurité comme l’exemple flagrant des groupes d’autodéfense dénommés Koglwéogo. C’est pourquoi le Conseiller technique du ministère de la Sécurité, Claude Bouda, a renchéri en ces termes : « On peut donc affirmer sans trop se tromper, que la corruption favorise et facilite les actes terroristes.» Pour venir à bout du phénomène, il faut non seulement «une synergie d’actions, mais aussi et surtout l’engagement du président du Faso et du Premier ministre à l’instar du président rwandais, Paul Kagamé.» Notons que le gouvernement a pris le problème à bras le corps en développant un certain nombre de stratégies parmi lesquelles on peut retenir la politique sécuritaire élaborée par le ministère de la Sécurité, la police de proximité mais aussi l’adoption d’une nouvelle loi de répression qui prône la célérité dans le traitement des dossiers de grands crimes.

Madi ZOUNDI (Correspondant)

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