Vendredi 15 Décembre 2017

François Compaoré, le « petit président » du Burkina Faso

François Compaoré, le « petit président » du Burkina Faso
(Le Monde 05/12/17)
François Compaoré, le frère de l'ancien président burkinabé Blaise Compaor

Inculpé dans l’enquête sur la mort du journaliste Norbert Zongo, François Compaoré a joué en coulisse un rôle central sous la présidence de son frère Blaise. Il est, malgré lui, de retour sur le devant la scène. Rattrapé par l’histoire la plus sombre de son passé, celle qui, en 1998, l’avait fait sortir de l’ombre malgré lui. L’histoire d’un vol domestique, perpétré par son chauffeur, David Ouédraogo, auprès de sa femme, Salah, et qui aurait mené à l’assassinat du célèbre journaliste d’investigation burkinabé Norbert Zongo, le 13 décembre 1998.

Une histoire sous forme de polar. Une intrigue mystérieuse de plus qui rend l’histoire politique du Burkina Faso fascinante. Dans l’affaire David Ouédraogo, il y a tous les éléments permettant de comprendre qui était celui que ses compatriotes avaient surnommé le « petit président » : pouvoir, argent, famille.

Dans le cadre de cette enquête, François Compaoré est accusé d’« incitation à assassinat ». Un mandat d’arrêt international a été lancé contre lui par le Burkina Faso. Alors que la France est en train d’examiner la demande d’extradition, le 5 novembre, lors de l’émission « Internationales » de TV5 Monde, en collaboration avec RFI et Le Monde, le président burkinabé Roch Kaboré avait insisté sur son souhait que François Compaoré « vienne répondre de ce qui lui est reproché. »

Trois semaines plus tard, la question est revenue sur le tapis lors de la séance de questions-réponses qui a suivi le discours à la jeunesse africaine prononcé par le président français Emmanuel Macron à l’université de Ouagadougou, mardi 28 novembre. « Avez-vous dans vos valises le frère cadet de notre ancien président ? », avait alors demandé une étudiante. « Parce que nos justices sont indépendantes, lui avait répondu M. Macron, je ne vais pas vous ramener qui que ce soit. La justice française est en train de l’instruire et je ne doute pas qu’elle rendra sa décision et qu’elle sera favorable. Dans le cadre de la séparation des pouvoirs, le gouvernement et la présidence de la République feront tout pour accompagner cette décision et manifester l’exemplarité de la coopération entre la France et le Burkina sur ce sujet. »

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